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Maroc : Dakhla et Casablanca, nouveaux moteurs de la souveraineté numérique‎‎

Le royaume accélère sa mue numérique, avec deux méga‑data centers de 500 MW, qui doivent propulser le Maroc dans la cour des hubs technologiques capables d’héberger, traiter et sécuriser les données africaines. Une stratégie assumée de souveraineté, d’attractivité et de puissance régionale.



‎Le Maroc avance ses pions pour devenir l’un des centres névralgiques du numérique africain. En avril 2026, Rabat a validé deux projets d’envergure : un data center de 500 MW entièrement renouvelables à Dakhla, et un autre de 500 MW dédié à l’IA à Nouaceur, près de Casablanca, porté par Naver Cloud, Nvidia et Nexus Core Systems. Ensemble, ces infrastructures doivent attirer les données du continent, créer des emplois qualifiés et capitaliser sur l’énergie verte et les câbles sous‑marins qui longent les côtes marocaines.



‎À Dakhla, le feu vert a été donné en janvier 2026 par les ministères de l’Énergie et du Numérique. Le site, alimenté à 100 % par le solaire et l’éolien, sera connecté à l’institut Al Jazari, créé avec l’université locale pour former aux métiers de l’IA et de la transition énergétique. La région ne sera pas seule : quatre projets similaires sont évoqués, pour une capacité totale proche de 2 GW.



‎À Nouaceur, le consortium international vise également 500 MW, pour un budget estimé à 720 milliards de FCFA, soit davantage que la capacité cumulée des cinq pays africains les plus avancés dans le secteur.Fin 2025, l’Afrique comptait 211 data centers actifs, selon Heirs Technologies. L’Afrique du Sud domine avec 49 sites. Le Maroc, cinquième avec huit centres tous situés à Casablanca, reste derrière le Nigeria, le Kenya et l’Égypte. Mais un obstacle persiste : le taux d’utilisation. Sur le continent, un data center tourne en moyenne à 40 %, contre 70 à 80 % en Europe.



‎Le Royaume dispose pourtant d’atouts géographiques majeurs. Sa double façade atlantique et méditerranéenne accueille une dizaine de câbles sous‑marins, dont Africa‑1 et 2Africa de Meta. Résultat : un temps de latence inférieur à 20 ms pour atteindre le sud de l’Europe.




‎ Côté réglementation, la loi 09‑08, révisée en 2023, s’aligne désormais sur le RGPD européen, permettant à des entreprises françaises, espagnoles ou belges d’héberger leurs données au Maroc sans risque de non‑conformité.Le marché reste dominé par quatre acteurs – Maroc Télécom, Inwi, Medasys et N+one – qui concentrent 84 % des parts, selon le Conseil de la concurrence. Mais les géants internationaux arrivent. Oracle s’installe à Casablanca. Orange Maroc collabore avec AWS. Maroc Télécom a signé avec Google Cloud un accord de 1 800 milliards de FCFA pour renforcer l’offre cloud et attirer les grands comptes.



‎L’enjeu dépasse la seule technologie. Aujourd’hui, une grande partie des données africaines est stockée hors du continent. Le Maroc veut inverser la tendance en traitant ces flux à Casablanca et Dakhla, afin de créer des emplois qualifiés, générer des recettes fiscales et développer un savoir‑faire local. Une vision qui s’inscrit dans une quête de souveraineté numérique, face aux clouds américains et chinois, et dans la volonté de faire émerger une solution africaine, nourrie par l’innovation et portée par la jeunesse.



‎Marcelle NTONGONO

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