Ils font bouger le Gabon

Gabon Media Time : 10 ans d’engagement au service de l’information

Créé le 4 juillet 2016, Gabon Media Time a célébré le samedi 4 juillet 2026 ses dix années d’existence. Une décennie au cours de laquelle ce qui n’était au départ qu’un projet porté par quelques passionnés autour d’Harold Leckat Igassela est devenu l’un des acteurs majeurs de l’information numérique au Gabon. De la première rédaction improvisée dans « la salle à manger de maman Diane » aux dires de son fondateur, au développement de GMTtv, de la couverture de la Covid-19 aux bouleversements politiques du 30 août 2023, des distinctions professionnelles aux gardes à vue, pertes de contrats et détention de son fondateur, ces dix années racontent surtout une histoire : celle d’un média qui a choisi de continuer à informer, y compris lorsque le prix à payer devenait lourd.

Le 4 juillet 2016, lorsque Harold Leckat Igassela lance Gabon Media Time avec les premiers compagnons de l’aventure que furent notamment Harold Tchibinda, Morel Mondjo, Lauris Pemba et Ferdinand Demba, rien ne permet encore de prédire ce que deviendra le projet. Il y a peu de moyens, beaucoup d’incertitudes, mais une intuition : les habitudes de consommation de l’information sont en train de changer et le numérique peut faire émerger une nouvelle manière de raconter le Gabon.

Dix ans plus tard, cette intuition est devenue une entreprise de presse structurée, une rédaction, des journaux télévisés, des émissions, une communauté de plusieurs centaines de milliers d’abonnés sur les différentes plateformes et une audience qui a atteint, au cours de son développement, plusieurs dizaines de milliers de lecteurs quotidiens. Gabon Media Time revendique ainsi plus de 45 000 lecteurs par jour en moyenne et une présence massive sur les réseaux sociaux.

De quelques passionnés à une véritable entreprise de presse

Le premier tournant intervient en 2017. Havas Media Gabon confie au jeune média sa première campagne publicitaire pour « Airtel New SIM », notamment grâce à la confiance d’Angèle Yeno. Au-delà de la valeur commerciale du contrat, c’est surtout un signal : un annonceur accepte de miser sur un média encore jeune.

En 2018, GMT s’installe dans son premier véritable siège, à Batavéa, au 230 rue Antchoue Rabaguino. Les effectifs se renforcent et la rédaction se professionnalise, notamment grâce à une formation dispensée par le journaliste Hyacinthe Mba Allogo. Les fondamentaux du métier, vérifier, compléter et confronter l’information avant publication, deviennent progressivement une culture rédactionnelle.

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L’année suivante marque un changement d’échelle. GLOBAL MEDIA TIME est créée en 2019, avec une ambition dépassant désormais le seul site d’information : édition de presse, communication et développement progressif de contenus audiovisuels. Les prémices de GMTtv apparaissent.

2020 : quand la crise sanitaire change la dimension de GMT

Puis survient la Covid-19. Pour les médias comme pour l’ensemble de la société gabonaise, 2020 constitue une épreuve sans précédent. Gabon Media Time choisit alors de placer la couverture de la crise sanitaire au centre de son dispositif éditorial.

Conférences de presse du Copil-coronavirus, mesures gouvernementales, restrictions, données sanitaires, préoccupations quotidiennes des populations : la rédaction couvre cette actualité avec constance. À une époque où l’incertitude et les rumeurs accompagnent la pandémie, l’accès à une information régulière devient une nécessité.

Cette période donne à GMT une dimension véritablement nationale. Le média reçoit cette année-là la distinction de meilleur site internet de l’année.

En 2021, une nouvelle étape est franchie avec l’installation du média à Damas, en face de MoneyGram. Le portefeuille de clients en communication s’élargit tandis que GMTtv poursuit sa structuration.

Du web au journal télévisé

2022 marque définitivement le virage audiovisuel. Gabon Media Time lance son journal télévisé de 19h30, diffusé du lundi au dimanche. Avec notamment le soutien de BGFIBank Gabon, le média renforce ses moyens de production et acquiert un bus destiné au transport du personnel. Ce développement est accompagné d’une reconnaissance professionnelle avec la distinction de meilleur média de l’année aux Kota Awards.

GMT n’est désormais plus seulement un site d’information. Il produit de la vidéo, des entretiens, des formats courts et des émissions, dont Le Canapé Rouge, qui accueillera plusieurs figures politiques et publiques gabonaises. La présentation institutionnelle du média revendique plus de 2,5 millions de vues cumulées pour ce programme depuis son lancement.

2023 : couvrir l’Histoire et en subir les secousses

L’élection présidentielle de 2023 constitue l’un des plus importants dispositifs éditoriaux jamais déployés par la rédaction. Une large partie des candidats à la présidentielle passe notamment par Le Canapé Rouge, tandis que « Candidat, à vous la parole » ouvre les antennes aux candidats aux élections législatives et locales.

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Puis vient le 30 août 2023.

Le renversement du régime d’Ali Bongo Ondimba ouvre une séquence historique pour le Gabon. GMT couvre les événements. Mais cette année marque également une rupture plus personnelle : le directeur de publication et trois collaborateurs connaissent la garde à vue.

Le média poursuit pourtant ses activités et termine l’année avec une nouvelle reconnaissance : le prix de meilleur média de l’année aux Koras Awards.

2024-2025 : quand l’indépendance présente la facture

Les deux années suivantes seront probablement parmi les plus difficiles de cette première décennie. En 2024, plusieurs contrats sont perdus. La nouvelle configuration politique ne produit pas pour GMT l’embellie que certains auraient pu attendre du changement de régime. Le média se retrouve progressivement marginalisé dans certains cercles et sa ligne éditoriale, demeurée critique à l’égard de l’action publique, est parfois mal perçue.

Mais plutôt que de réduire la voilure éditoriale, GMT lance le 12h30, une édition d’information de la mi-journée accompagnée d’une revue de presse quotidienne du lundi au vendredi. La même année, le média est désigné média digital de l’année aux Digi Women Awards.

Puis vient 2025.

Les convocations à la gendarmerie et au parquet se multiplient. En octobre, Harold Leckat Igassela est interpellé par la Direction générale des recherches de la Gendarmerie nationale. Cinq jours de garde à vue seront suivis de dix-neuf jours de détention à la prison centrale de Libreville.

Vingt-quatre jours privés de liberté.

Pour une petite entreprise de presse dont le fondateur est également le directeur de publication, l’épreuve aurait pu être fatale. Elle ne l’a pas été.

La rédaction a continué.

GMT a continué.

Et c’est peut-être là que se trouve l’une des principales leçons de cette décennie : une institution commence véritablement à exister lorsqu’elle parvient à fonctionner au-delà de celui qui l’a fondée.

Dix ans, mais surtout des femmes et des hommes

Car réduire cette histoire à Harold Leckat Igassela serait oublier l’essentiel : Gabon Media Time est une aventure collective. Elle appartient aux premiers qui ont accepté de rejoindre un projet dont personne ne pouvait garantir l’avenir. Elle appartient à ceux qui sont arrivés ensuite. Aux journalistes, monteurs, techniciens, présentateurs, personnels administratifs, stagiaires et collaborateurs qui ont contribué, chacun à leur niveau, à faire vivre la rédaction.

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Elle appartient aussi aux partenaires qui ont cru au projet lorsqu’il était encore fragile, puis à ceux qui ont accompagné son développement.

Derrière chaque article publié, chaque journal présenté, chaque reportage tourné et chaque direct assuré, il y a des heures de travail, des erreurs corrigées, des difficultés surmontées et, surtout, une équipe.

2026 : la reconnaissance après la résistance

L’année du dixième anniversaire s’ouvre sous le signe de nouvelles distinctions. À l’issue du Procom Forum, forum des professionnels de la communication, Gabon Media Time est désigné meilleur média de l’année. Son rédacteur en chef, Morel Mondjo Mouega, compagnon de l’aventure depuis les premières années, reçoit parallèlement le prix du meilleur journaliste de l’année.

Deux distinctions qui prennent une résonance particulière après les épreuves traversées.

Mais le 4 juillet 2026 ne doit pas devenir une cérémonie d’autosatisfaction.

Dix ans dans la vie d’un média sont suffisamment longs pour regarder le chemin parcouru, mais beaucoup trop courts pour considérer que l’essentiel est acquis.

Le modèle économique de la presse demeure fragile. La dépendance aux plateformes numériques menace l’autonomie des rédactions. Les réseaux sociaux peuvent construire une audience aussi rapidement qu’un changement d’algorithme peut la fragiliser. La désinformation concurrence désormais directement le journalisme professionnel. Et l’indépendance éditoriale continue d’avoir un coût économique, institutionnel et parfois humain.

C’est précisément pour ces raisons que le combat engagé en 2016 conserve tout son sens.

Gabon Media Time a connu les bureaux modestes et les sièges mieux structurés. Les premiers contrats et les pertes de marchés. Les audiences records et les périodes de recul. Les récompenses et la prison. La reconnaissance et la marginalisation.

Il a surtout appris qu’un média ne se mesure pas uniquement au nombre de personnes qui le suivent lorsque tout va bien.

Il se mesure aussi à sa capacité à rester debout lorsque tout vacille.

Dix ans après, Gabon Media Time est toujours là. À l’heure de l’info. Et, plus que jamais, engagé au service de l’information.

Cette version peut servir d’article central du 4 juillet 2026, avec une tonalité suffisamment institutionnelle pour l’anniversaire, mais sans gommer les épisodes difficiles qui donnent précisément son sens à cette décennie.

Redaction & GMT

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