Environnement

CIPV : L’AFRIQUE CLÔT SES TRAVAUX DE LIBREVILLE SUR 30 RECOMMANDATIONS

Réunis du 4 au 7 août 2026 à Libreville, les responsables phytosanitaires de plus de quarante pays africains ont adopté par consensus le rapport final de l’atelier régional de la Convention internationale pour la protection des végétaux. Les travaux se sont achevés par une visite technique de la Zone d’investissement spéciale de Nkok.

L’Atelier régional Afrique de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV) s’est achevé, vendredi 7 août 2026 à Libreville, par l’adoption consensuelle de trente recommandations destinées à renforcer les systèmes phytosanitaires nationaux et la coopération entre les pays africains.

Organisée avec l’appui du Secrétariat de la CIPV, de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Conseil phytosanitaire interafricain de l’Union africaine, la rencontre a réuni les représentants des organisations nationales de protection des végétaux de plus de quarante pays.

Une réponse collective aux menaces phytosanitaires

Durant quatre jours, les participants ont examiné les projets de Normes internationales pour les mesures phytosanitaires et partagé leurs expériences en matière de surveillance des ravageurs, de diagnostic, de certification et de circulation des végétaux.

Les échanges ont également porté sur le développement du certificat phytosanitaire électronique, ou ePhyto, ainsi que sur le renforcement des capacités des administrations et des laboratoires africains.

Pour les participants, la progression des ravageurs, des maladies végétales et des espèces invasives impose une meilleure coordination entre les États. Ces menaces ne s’arrêtent pas aux frontières et peuvent provoquer d’importantes pertes agricoles, compromettre la sécurité alimentaire et entraîner la fermeture de certains marchés aux produits africains.

Lire Aussi:  Éthiopie : le volcan Hayli Gubbi entre en éruption après 12 000 ans de silence

« Aucun pays ne peut, à lui seul, faire face efficacement aux menaces phytosanitaires qui traversent les frontières », avait rappelé le directeur général de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire, Jean Delors Biyogue Bi Ntougou.

Nkok, de la norme à son application

La dernière journée de l’atelier a été marquée par une immersion technique dans la Zone d’investissement spéciale de Nkok. Les délégations ont notamment observé différentes étapes de la transformation du bois, du séchage au contrôle de l’humidité, jusqu’à la fabrication des produits finis.

Cette visite a permis de montrer concrètement le rôle des normes phytosanitaires dans la protection des végétaux, mais également dans la sécurisation du commerce des produits forestiers.

La présence d’insectes ou d’autres organismes nuisibles dans le bois peut, en effet, contribuer à leur propagation d’un pays à l’autre. Le traitement, le séchage et le contrôle phytosanitaire deviennent ainsi des conditions essentielles pour accéder aux marchés internationaux.

« Le fait de descendre sur le terrain pour voir ce que font les opérateurs constitue un élément fondamental », a expliqué Waly Binetou Fall, cheffe du Bureau de la législation et de la quarantaine végétales du Sénégal.

La responsable sénégalaise a particulièrement insisté sur l’application de la NIMP 15, la norme internationale qui encadre les matériaux d’emballage en bois utilisés dans le commerce international.

Le défi de la mise en œuvre

L’adoption des trente recommandations marque une étape importante, mais le véritable enjeu commence après Libreville. Les États africains devront désormais traduire ces orientations dans leurs politiques nationales, notamment à travers la formation des agents, l’équipement des laboratoires, le renforcement des contrôles aux frontières et l’amélioration des systèmes d’alerte.

Lire Aussi:  Climat : L’Afrique vise 50 milliards $ par an pour financer ses propres solutions

À l’heure de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine, l’harmonisation des mesures phytosanitaires apparaît également indispensable pour faciliter les échanges agricoles et forestiers entre les pays du continent.

Le prochain Atelier régional Afrique de la CIPV se tiendra aux Comores, du 24 au 27 août 2027. Cette rencontre devra permettre d’évaluer les avancées réalisées depuis Libreville et de mesurer la traduction effective des trente recommandations sur le terrain.

Méta-description : L’Atelier régional Afrique de la CIPV s’est achevé à Libreville par l’adoption de 30 recommandations et une visite technique de la filière bois à Nkok.

Redaction CQFA

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page