Centrafrique : Accord de paix, les rebelles de l’UPC et des 3R déposent les armes

Un pas historique vers la paix a été franchi ce jeudi 10 juillet en République centrafricaine (RCA). Lors d’une cérémonie solennelle à la Cité des chefs d’État, en présence du président Faustin-Archange Touadéra, les leaders des groupes armés UPC (Ali Darassa) et 3R (général Sembé Bobo) ont symboliquement déposé leurs armes et signé l’acte de dissolution de leurs mouvements. Cet événement marque l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu négocié sous médiation tchadienne le 19 avril dernier.

Un processus piloté par le Tchad
Arrivés à Bangui en provenance de Ndjamena, où les pourparlers avaient été conclus, les deux ex-chefs rebelles étaient accompagnés d’une délégation ministérielle tchadienne. Le Tchad, acteur clé de la stabilisation régionale, a joué les « bons offices » pour relancer le processus de Khartoum (2019), fragilisé par des violations répétées des trêves. Les principales clauses de l’accord prévoient dans un premier temps la dissolution immédiate de l’UPC et des 3R. Ensuite, le désarmement progressif des combattants débutera ce vendredi à Maloum, ancien fief de l’UPC. Enfin, l’intégration politique des ex-rebelles est garantie par l’État, avec des postes gouvernementaux ou civils/militaires à la clé.
Une mise en œuvre sous haute surveillance
Selon une source ministérielle centrafricaine, les prochaines étapes seront critiques. Tout d’abord, le cantonnement des combattants est prévu pendant 4 mois. Parallèlement, leur démobilisation ou incorporation dans les forces de sécurité sera organisée. Enfin, la création de zones sécurisées facilitera le processus global.
Cette avancée intervient à 5 mois des élections générales (présidentielle et législatives) prévues en décembre 2025. Pour le gouvernement, cette initiative permet de consolider sa légitimité en tant qu’artisan de la paix. Elle vise également à rassurer la communauté internationale, notamment les bailleurs de fonds. Enfin, elle a pour objectif de désamorcer les foyers de violence qui pourraient perturber le scrutin.

Cependant, des défis majeurs subsistent. D’une part, la loyauté des combattants désarmés reste incertaine. D’autre part, la réaction des factions non signataires, comme la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC), pourrait compromettre le processus. La délégation se rendra ce vendredi à Maloum pour superviser le premier volet opérationnel du désarmement. Une journée décisive pour la stabilité de la RCA.
Roger BIÈRE



