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Poisson frais au Gabon : entre pénurie saisonnière et flambée des prix

Les marchés gabonais sont actuellement confrontés à une pénurie de poisson frais, entraînant une flambée des prix qui suscite l’incompréhension. Cette situation paraît paradoxale, alors que les eaux du pays sont réputées pour leur richesse halieutique et attirent régulièrement des chalutiers européens et chinois.


‎Selon Olga Bouanga Minko, directrice du Centre d’appui à la pêche artisanale de Libreville (CAPAL), cette pénurie ne résulte pas d’un manque de ressources, mais d’un phénomène saisonnier. « Il n’y a pas de pénurie de poisson, car le poisson est saisonnier. Nous avons traversé une saison sèche, assez froide, durant laquelle la majorité des poissons se sont réfugiés dans les profondeurs. Nous entrons maintenant dans la grande saison des pluies, qui devrait apporter une abondance de poisson. Que les vendeurs et les consommateurs ne s’inquiètent pas », a-t-elle déclaré.


‎Pourtant, plusieurs pêcheurs et commerçants estiment que la situation est plus complexe. Ils évoquent notamment la surpêche, les restrictions réglementaires et la concurrence des chalutiers industriels comme facteurs aggravants. En conséquence, les prix ont fortement augmenté. « Le bar nous est vendu à 3 500 FCFA le kilo, nous sommes obligés de le revendre à 4 000 voire 4 500 FCFA », déplore une vendeuse. Certains cartons de poisson, autrefois accessibles entre 5 000 et 8 000 FCFA, atteignent désormais les 25 000 FCFA.


‎Cette tension sur le marché affecte l’ensemble de la chaîne : les pêcheurs, les commerçants et surtout les consommateurs, qui se tournent de plus en plus vers le poisson surgelé importé d’Asie. Une alternative moins fraîche, parfois plus coûteuse, et qui ne répond pas toujours aux préférences locales.


‎Face à cette situation, le gouvernement gabonais a lancé une initiative visant à renforcer les capacités nationales. Une première vague de pêcheurs gabonais a été formée et équipée, dans l’objectif de mieux gérer les ressources halieutiques et de réduire la dépendance aux importations. Olga Bouanga Minko souligne que cette démarche pourrait porter ses fruits à moyen terme.


‎Malgré ces efforts, la situation reste préoccupante. Les acteurs du secteur espèrent que la saison des pluies apportera un répit, mais en attendant, les Gabonais doivent composer avec une offre réduite et des prix en hausse pour un aliment essentiel de leur quotidien.


‎Marcelle NTONGONO
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