Justice

Gambie : les USA rendent 1,4 milliard FCFA de biens mal acquis de Yaya Jammeh

Washington a renvoyé à Banjul 2,5 millions de dollars issus des biens mal acquis de Yahya Jammeh, offrant aux victimes de son régime une réparation concrète, et envoyant un signal politique fort contre la corruption transnationale.

‎La Gambie va récupérer 2,5 millions de dollars (environ 1,4 milliard de FCFA) provenant de la vente d’une propriété de Yahya Jammeh dans le Maryland. L’accord, signé vendredi entre le ministère gambien des Finances et l’ambassade des États-Unis à Banjul, clôt une procédure engagée par la justice américaine, qui a établi l’origine frauduleuse des fonds ayant permis l’acquisition du bien.


Ces sommes seront versées à un fonds dédié aux victimes des violations des droits humains commises durant les vingt-deux années de règne de l’ancien président, aujourd’hui exilé en Guinée équatoriale.


‎La propriété concernée, située à Potomac, avait été achetée en 2010 par Zineb Jammeh, épouse de l’ex-chef d’État. Douze ans plus tard, les autorités américaines l’ont saisie après avoir démontré qu’elle avait été financée par des pots-de-vin et des détournements de fonds publics opérés sous le régime Jammeh, au pouvoir de 1994 à 2017. L’affaire s’inscrit dans la longue traîne des enquêtes visant les avoirs accumulés par l’ancien président et son entourage.


Signal anticorruption



‎Pour Washington, cette restitution illustre une coopération renforcée avec Banjul dans la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent. Elle s’ajoute aux réformes engagées depuis l’arrivée d’Adama Barrow, notamment la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC), chargée de documenter les exactions commises entre 1994 et 2017.


‎Le geste américain est présenté comme un appui à cette dynamique de transparence et de justice. Au-delà de son montant, cette restitution s’inscrit dans un mouvement plus large de récupération d’avoirs détournés par d’anciens dirigeants africains, auquel plusieurs juridictions occidentales participent désormais activement.


‎Pour les victimes de l’ère Jammeh, elle représente une reconnaissance tangible d’un passé marqué par les violences d’État et les procédures judiciaires encore en cours contre l’ancien président et plusieurs de ses proches.


‎FATOUMATA Naida Sidibé

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