Santé

SANTÉ EN AFRIQUE : LE PR AMEN ALLAH MESSADI APPELLE À PRÉVENIR LES AMPUTATIONS ÉVITABLES

Face à la progression du diabète et aux complications liées aux plaies chroniques en Afrique, le professeur tunisien Amen Allah Messadi, président de l’Association panafricaine Plaies et Cicatrisation (PAWH), plaide pour une meilleure prévention, la formation des professionnels de santé et le renforcement des capacités médicales locales. Rencontré à Dakar, lors de la 7ᵉ édition du Salon Afrique Unie, il appelle les gouvernements africains à faire de cette problématique une priorité de santé publique.

Les plaies chroniques constituent un défi sanitaire majeur en Afrique, particulièrement chez les personnes vivant avec le diabète. Faute de dépistage précoce et de prise en charge adaptée, certaines lésions évoluent vers des infections graves pouvant conduire à des amputations pourtant évitables.

Selon les données scientifiques reprises par l’Association panafricaine Plaies et Cicatrisation (PAWH), entre 19 % et 34 % des personnes diabétiques développeront un ulcère du pied au cours de leur vie. Une situation préoccupante alors que le nombre d’adultes vivant avec le diabète sur le continent devrait plus que doubler d’ici 2045, selon les projections citées de la Fédération internationale du diabète.

Présent à Dakar à l’occasion du Salon Afrique Unie, le Pr Amen Allah Messadi a insisté sur la nécessité de réduire les disparités dans la qualité des soins entre les pays africains.

À travers la PAWH, qu’il préside, le spécialiste tunisien entend promouvoir une stratégie reposant sur trois piliers : la prévention, la formation continue des professionnels de santé et l’amélioration de la prise en charge des patients.

L’expérience tunisienne comme modèle

Fondateur d’un service spécialisé dans le traitement des brûlés à Tunis, le Pr Messadi estime que l’Afrique peut considérablement réduire sa dépendance aux évacuations sanitaires à l’étranger en investissant dans ses propres compétences et infrastructures médicales.

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« Depuis ce jour, aucun malade brûlé n’a été transféré à l’étranger, en France », a-t-il déclaré, évoquant la mise en service, en juillet 2008, du centre spécialisé qu’il a fondé à Tunis.

Selon lui, cette expérience démontre qu’un plateau technique performant, associé à des professionnels qualifiés, permet non seulement d’améliorer les soins, mais également de renforcer la confiance des populations dans leurs systèmes de santé.

Le spécialiste souligne par ailleurs que les évacuations sanitaires représentent un coût important et peuvent provoquer un déracinement des patients. Son ambition est de limiter ces transferts aux cas les plus graves nécessitant des soins indisponibles localement.

Un appel aux États africains

Pour concrétiser cette ambition, la PAWH propose aux gouvernements africains des partenariats destinés à renforcer les programmes de prévention, organiser des campagnes de dépistage et développer des formations spécialisées.

L’association souhaite notamment voir la prise en charge du pied diabétique et des plaies chroniques intégrée aux politiques nationales de lutte contre les maladies non transmissibles.

Au-delà des enjeux médicaux, le Pr Messadi met en avant les conséquences économiques et sociales des amputations : perte d’autonomie, interruption des activités professionnelles, appauvrissement des familles et augmentation des dépenses de santé.

Pour le président de la PAWH, prévenir les complications, former les soignants et développer les capacités médicales africaines constituent les conditions essentielles pour réduire les amputations évitables et améliorer durablement la qualité de vie des populations.

Marianne IWANI

Dakar, Sénégal

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