RDC : Kabila conteste ses sanctions devant la justice américaine

Visé depuis avril par des sanctions du Trésor américain qui l’accuse de soutenir la rébellion de l’AFC/M23, l’ancien président congolais a ouvert un front judiciaire à Washington pour obtenir le retrait de son nom de la liste noire de l’OFAC.
L’ancien président de la République Démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, conteste en justice les sanctions prises contre lui en avril 2026 par les États-Unis. Pour cela, l’homme politique a mandaté l’avocat américain Erich Ferrari, spécialiste reconnu des sanctions économiques. Le 4 août, son conseil a saisi la Cour de district de Columbia d’une plainte contre l’OFAC, l’Office of Foreign Assets Control du département du Trésor américain.
À travers cette procédure, Joseph Kabila, qui a dirigé le Congo de 2001 à 2019, demande que son nom soit retiré de la liste noire et affirme que les sanctions étaient fondées sur des allégations non étayées. Washington lui reproche de financer et d’apporter un soutien politique aux rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, qui se sont emparés de deux provinces congolaises l’an dernier. S’y ajoute l’incitation de militaires congolais à la désertion. Mais l’ancien président rejette tout. Aucun transfert de fonds ni aucune incitation politique aux rebelles n’est spécifié par le gouvernement américain, rétorque-t-il, dénonçant « des accusations vagues, insuffisamment étayées et dépourvues de dates, de montants ou de preuves concrètes ».
L’offensive intervient dans un contexte personnel lourd, alors que la justice militaire congolaise l’a déjà condamné à mort par contumace en septembre dernier.
À Kinshasa, le camp de Félix Tshisekedi avait salué ces sanctions comme une étape importante dans la lutte contre l’impunité. Reste à savoir ce que la procédure révélera, la presse congolaise y voyant surtout une manière, pour Joseph Kabila, de mesurer l’étendue réelle des preuves que Washington est capable de produire.
Difira NKOMO ELLA



