
La signature du projet de raffinerie de Dosso marque un tournant industriel majeur pour le Niger. Avec 1120 milliards FCFA engagés et une capacité annoncée de 100 000 barils par jour, le pays s’apprête à changer d’échelle, à la fois économique et énergétique.
Le Niger vient d’acter l’un des investissements les plus ambitieux de son histoire récente. Le 15 août 2026, à Niamey, l’État a signé avec le groupe canadien Zimar Inc un accord de 16 ans pour la construction et l’exploitation de la future raffinerie de Dosso. Trois années seront consacrées au chantier, treize à l’exploitation, avant un transfert complet à l’État selon le modèle BOT. Montant total : 1120 milliards FCFA.
Situé à un carrefour stratégique, le site de Dosso doit approvisionner le marché national tout en ouvrant une porte vers les pays voisins. Une ambition assumée : faire du Niger non plus seulement un producteur de brut, mais un acteur régional de la transformation pétrolière.
Depuis 2011, la raffinerie de Zinder plafonne à 20 000 barils par jour. Dosso, avec ses trois unités successives (30 000, 35 000 et 35 000 barils), portera la capacité nationale à 120 000 barils par jour. Un saut industriel qui ouvre la voie à une chaîne complète, du raffinage à la pétrochimie.
Le gouvernement met en avant l’impact social du projet : des milliers d’emplois attendus, une montée en compétences des jeunes Nigériens, et l’obligation pour Zimar de former des cadres locaux pendant toute la durée d’exploitation. Au-delà des infrastructures, Dosso doit laisser au pays des métiers, des techniciens et un savoir-faire durable.
Le projet inclut des pipelines, des capacités de stockage et une plateforme industrielle, indispensables pour alimenter Niamey, les régions et les marchés d’export. Sans cette logistique, impossible de produire à plein régime.
L’enjeu est autant de réduire la facture d’importation des carburants que générer des devises grâce aux ventes régionales. A la longue, Dosso pourrait devenir un fournisseur clé en Afrique de l’Ouest en gasoil, essence, bitume, intrants pétrochimiques.
Dans trois ans, avec la mise en service de la première unité, le pays changera de statut. Il ne sera plus seulement producteur de brut : il sera raffineur. Une évolution qui pourrait, à terme, contribuer à stabiliser, voire réduire, le prix des carburants à la pompe pour les Nigériens.
Marcelle NTONGONO



