Transport aérien

Sécurité aérienne : la CEMAC prépare son grand basculement réglementaire

Depuis le 10 août, Brazzaville réunit les directeurs de la sécurité aérienne des six États membres de la CEMAC. Jusqu’au 14 août, ils planchent sur un chantier stratégique : préparer l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2027, de la réglementation communautaire de l’aviation civile. Une réforme attendue, destinée à combler les écarts relevés par l’OACI et à doter la sous‑région d’un cadre unique de supervision.

À l’initiative de l’Agence de supervision de la sécurité aérienne en Afrique centrale (ASSA‑AC), et avec l’appui de l’OACI et des AAMAC, les délégations du Cameroun, du Congo, du Gabon, de Centrafrique, du Tchad et de Guinée équatoriale passent en revue leurs dispositifs nationaux. L’enjeu est de mettre fin à six approches distinctes pour bâtir un système harmonisé, aligné sur les standards internationaux.

Le diagnostic de l’OACI reste préoccupant. Les niveaux de conformité varient fortement d’un pays à l’autre, fragilisant l’ensemble du dispositif régional. D’où la volonté de transformer cette rencontre en espace de mutualisation : bonnes pratiques, retours d’expérience, solutions communes. « L’avenir passe par la mise en commun des ressources et des compétences », insiste Eugène Apombi, directeur général de l’ASSA‑AC, qui souhaite institutionnaliser ces échanges.

Pays hôte et président en exercice de la CEMAC, le Congo porte la dimension politique du dossier. Pour Brazzaville, l’harmonisation de la sécurité aérienne s’inscrit dans la logique d’intégration régionale. Représentant le ministre des Transports, Julio Nganongo Ossere l’a rappelé : la sécurité aérienne fonctionne comme une chaîne dont la solidité dépend du maillon le plus faible. D’où la nécessité d’aligner les outils de supervision et de fluidifier la circulation de l’information entre autorités.

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Quatre domaines structurent les travaux : opérations aériennes, aérodromes, navigation aérienne et navigabilité. C’est sur ces piliers que doit se construire le futur cadre permanent d’échanges. L’ASSA‑AC note déjà des avancées. Cameroun, Congo, Tchad et Centrafrique ont engagé leur basculement vers la réglementation communautaire. Les autres États sont invités à accélérer. À l’issue de la rencontre, des recommandations sont attendues pour renforcer la coordination régionale et améliorer la conformité aux normes de l’OACI. L’ASSA‑AC prévoit également de programmer des sessions techniques spécialisées. Objectif final : installer une culture commune de la sécurité aérienne et faire de la CEMAC une référence continentale.

Marcelle NTONGONO

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