Chronique

Nigéria : Libération record de 308 otages, mais les enlèvements perdurent

Le gouvernement nigérian a annoncé, mercredi 5 août, la libération de 308 personnes enlevées lors de plusieurs attaques dans les États du Niger et de Kwara, au centre du pays. La présidence évoque la plus vaste opération de sauvetage jamais menée en une seule journée au Nigeria. Un succès qui ne dissipe pas la menace des enlèvements contre rançon, endémique dans plusieurs régions du pays.

Selon le porte-parole présidentiel Bayo Onanuga, 163 des otages libérés avaient été enlevés dans le village de Woro, en zone de Kaiama (État de Kwara), et 145 dans l’État du Niger. Ils ont été retrouvés dans la zone forestière du parc national du lac Kainji, avant d’être transférés vers un hôpital militaire de Wawa pour des examens médicaux. L’opération, conduite par le Centre national de lutte contre le terrorisme (NCTC) avec l’appui de l’armée, de la police et des services de renseignement intérieur (DSS), repose selon la présidence sur un renseignement de terrain précis — signe, pour Bola Tinubu, d’une coordination sécuritaire en progrès.

Woro, une plaie encore ouverte

C’est le 3 février dernier que des hommes armés, présentés comme des jihadistes, avaient attaqué Woro, près de la frontière avec le Bénin. Le bilan, réévalué au fil des semaines, est aujourd’hui estimé à environ 200 morts par plusieurs médias nigérians — l’une des attaques les plus meurtrières de l’année dans la région. La libération d’une large partie des habitants enlevés ce jour-là offre un répit aux familles, six mois après le drame, sans effacer le traumatisme.

Malgré l’ampleur de l’opération, les enlèvements contre rançon — le fait de groupes criminels, de jihadistes et de gangs surnommés « bandits » — continuent de frapper le nord et le centre du Nigeria, là où l’État peine à contrôler le terrain. Les vastes forêts et réserves naturelles de la région, difficiles à surveiller, servent régulièrement de refuges à ces groupes armés.

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Début août encore, au moins 21 personnes ont été tuées et 37 autres enlevées lors d’une attaque de bandits contre la communauté de Tsamaye, dans l’État de Sokoto, au nord-ouest. De quoi rappeler que la libération des otages de Woro, aussi spectaculaire soit-elle, ne referme pas le dossier des enlèvements de masse, qui continue de peser sur les populations civiles.

Naïda Sidibé FATOUMATA

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