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FORUM INTERNATIONAL DE LIBREVILLE :  le moment de vérité ou quand les engagements deviennent investissements

Il y a des forums qui produisent des idées. Et d’autres qui produisent des décisions.

Libreville, ce 3 mai 2026, a clairement choisi son camp.

En marge du Forum international pour l’innovation et le développement, le Gabon a donné un contenu tangible à son ambition de transformation économique : cinq accords d’investissement signés, plusieurs centaines de milliards de francs CFA engagés, et un cap assumé — celui de la souveraineté alimentaire.

Derrière cette séquence, une réalité longtemps assumée mais désormais contestée : celle d’un pays encore dépendant des importations pour nourrir sa population.

Rompre avec la dépendance avec l’agriculture comme levier stratégique, portée par Thierry Minko à l’Économie et Pacôme Kossy à l’Agriculture, l’initiative marque une inflexion claire : produire localement, transformer localement, consommer localement.

Deux projets structurants illustrent cette bascule.

À Ntoum, dans l’Estuaire, un investissement de 67,1 milliards de FCFA porté par le Turc Hakan Kiran Holding donnera naissance à une ferme avicole intégrée d’une capacité de 60 000 tonnes par an.

À Oyem, dans le Woleu-Ntem, le groupe NJS déploiera une unité de 10 milliards de FCFA, capable de produire 10 000 tonnes annuelles.

Au-delà des chiffres, c’est un changement d’échelle qui se joue : celui du passage d’une agriculture de subsistance à une agriculture industrielle organisée.

L’accord-cadre de 155 milliards de FCFA complète ce dispositif, avec une ambition plus large.  Structurer des filières complètes, de la production à la distribution.

Autrement dit, sortir d’une logique fragmentée pour construire de véritables chaînes de valeur.

Une orientation en parfaite cohérence avec les débats du forum, où une idée forte s’est imposée : le développement africain ne peut plus reposer sur des infrastructures isolées, mais sur des systèmes intégrés, capables de produire, transformer et exporter.

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Ce qui s’est joué à Libreville dépasse le cadre agricole. C’est une démonstration de méthode.

Transformer un forum international en plateforme d’investissement réel.

Aligner discours politique et engagements financiers.

Passer de la planification à l’exécution.

Dans un continent souvent confronté au décalage entre annonces et réalisations, cette séquence gabonaise envoie un signal clair aux investisseurs.

Reste désormais l’essentiel : l’exécution. Car la souveraineté alimentaire ne se décrète pas, elle se construit dans la durée, à travers la rigueur, la coordination et la capacité à livrer.

Libreville vient d’en poser les fondations.

Le véritable enjeu commence maintenant.

Rédaction CQFA

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