Actualité

Zimbabwe : interdiction de toutes les exportations de minerais bruts

Le Zimbabwe a surpris l’industrie minière ce mercredi 25 février 2026 en gelant brutalement toutes les exportations de minerais bruts et de concentrés de lithium, y compris les cargaisons déjà en transit. Une décision radicale qui avance de près d’un an l’échéance initialement prévue et bouscule les géants miniers présents sur son sol.

Par un simple communiqué du ministère des Mines, Harare a mis fin au délai de grâce accordé aux compagnies pour construire des unités de transformation locale. Le ministre Polite Kambamura justifie cette mesure « dans l’intérêt national » et appelle à la « coopération de l’industrie » pour garantir « la valeur ajoutée et l’enrichissement dans le pays ».


‎Seules pourront désormais exporter les sociétés disposant d’usines d’enrichissement agréées, les intermédiaires étant purement exclus. Les autorités fiscales ont reçu instruction d’appliquer cette interdiction « sans exception ».


‎ L’enjeu colossal du lithium


‎Le Zimbabwe détient les plus grandes réserves de lithium d’Afrique, avec 126 millions de tonnes estimées, et a exporté 1,128 million de tonnes de concentré en 2025. L’essentiel de cette production part vers la Chine, où elle est transformée en matériaux pour batteries de véhicules électriques, stockage d’énergie et équipements militaires.


‎Mais le pays ne capte qu’une fraction infime de la valeur créée. « Les prix élevés s’appliquent aux produits raffinés, pas aux concentrés », résume un analyste. Le gouvernement entend donc briser ce plafond de verre.


‎ Des investisseurs chinois en première ligne


‎Cette décision impacte directement les géants miniers chinois (Zhejiang Huayou Cobalt, Sinomine, Chengxin Lithium) qui ont massivement investi au Zimbabwe. Ceux ayant déjà construit des usines de transformation, comme Huayou avec son site à 400 millions de dollars, sont mieux armés. Les autres devront accélérer leurs investissements.

Lire Aussi:  AFIS Awards 2025 : Mohamed El Kettani couronné African Banker Of The Year


‎Cette mesure s’inscrit dans une tendance plus large : RDC sur le cobalt, Guinée sur la bauxite, Afrique du Sud sur les métaux du platine, ou encore le Gabon avec le manganèse. Partout, les États africains exigent une transformation locale pour capter davantage de valeur.



‎Le ministère promet un « dialogue avec l’industrie » dans les prochains jours. D’ici là, les cargaisons bloquées aux frontières mesurent le prix de cette souveraineté économique soudainement affirmée.


‎Roger BIÈRE 

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page