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RDC : Shinkolobwe, la mine oubliée qui a marqué la seconde guerre mondiale

La bombe atomique « Little Boy » a été larguée sur la ville d’Hiroshima le 6 août 1945 par le bombardier américain Enola Gay. Ce que l’on sait moins, c’est que cette bombe de plus de deux tonnes contenait un total de 64 kg d’uranium 235, un isotope fossile extrêmement rare qui provenait de la mine de Shinkolobwe, située en plein cœur du Congo belge, près de la ville de Likasi.

‎La mine de Shinkolobwe a été découverte en 1915 et exploitée à partir de 1921 par l’Union minière du Haut-Katanga, une entreprise belge. À l’époque, le minerai d’une qualité exceptionnelle dont elle regorgeait ne trouvait pas encore de grand usage pratique. Cependant, les choses ont changé à la veille de la guerre, lorsque Edgar Sengier, dirigeant de l’Union minière, s’est inquiété des perspectives militaires liées à l’uranium.

‎En 1939, Edgar Sengier a décidé d’expédier une partie du stock disponible à New York, où il s’est réfugié lui-même. Cette décision a abouti à l’arrivée de plus d’un millier de tonnes d’uranium congolais aux États-Unis. Ce stock a été vendu à l’armée américaine, qui a développé en secret l’arme atomique sous le nom de « Projet Manhattan » à partir de 1942.

L’intérêt des Américains pour l’uranium congolais a été aiguisé par cette première cargaison. Entre 1942 et 1944, alors que la mine était officiellement désaffectée, des militaires américains ont été discrètement envoyés à Shinkolobwe pour remettre la mine en état et permettre l’extraction de 30 000 tonnes supplémentaires. Ce minerai, combiné à d’autres provenant notamment du Canada, a servi à construire les deux bombes « Little Boy » et « Fat Man » qui ont détruit respectivement Hiroshima et Nagasaki.


‎Les deux attaques ont fait plus de 210 000 morts et ont précipité la capitulation du Japon, mettant fin à la Seconde Guerre mondiale. La mine de Shinkolobwe a été officiellement fermée et scellée en 1960. Cependant, l’exploitation illégale de cobalt et de cuivre s’y poursuit toujours, malgré les risques liés à la radioactivité.


‎En 2004, les autorités congolaises ont classé la zone comme « interdite », ont pris le contrôle du site et ont rasé le village des mineurs. À cette époque, les États-Unis craignaient un possible trafic d’uranium congolais à destination de l’Iran ou de groupes terroristes. À ce jour, l’espace est fortement gardé, mais les rumeurs sur les richesses cachées de Shinkolobwe circulent toujours et l’exposition aux radiations continue de causer des problèmes de santé dans la région


‎Marcelle NTONGONO 

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