RDC : Le ministre de la Justice annonce sa démission

Le ministre congolais de la Justice, Constant Mutamba, a officiellement annoncé sa démission, selon des sources proches du gouvernement confirmées par le confrère RFI ce mercredi. Une décision qui intervient dans un contexte politique tendu, marqué par des divergences au sein de l’exécutif et des pressions liées à la gestion des relations conflictuelles entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda.
Un départ aux motifs multiples
D’après RFI, Constant Mutamba, en poste depuis 2023, aurait présenté sa lettre de démission au président Félix Tshisekedi, mettant fin à un mandat mouvementé. Plusieurs raisons expliquent ce départ : D’abord, des désaccords internes sur la conduite de la justice, notamment concernant des dossiers sensibles liés à la corruption et aux poursuites contre des personnalités politiques. Ensuite, des tensions persistantes avec le Rwanda.
Mutamba, connu pour ses positions fermes contre Kigali, aurait été en désaccord avec certaines approches diplomatiques du gouvernement, jugées trop conciliantes par une frange nationaliste. Enfin, une lassitude face aux pressions politiques, évoquée par des proches du ministre dans Jeune Afrique, qui décrivaient un homme « épuisé par les luttes de pouvoir ».
Un profil marqué par le nationalisme
Porté aux affaires pour son expertise juridique et son image d’intégrité, Constant Mutamba s’était forgé une réputation de dur, notamment dans le dossier des tensions avec le Rwanda. Jeune Afrique rappelait dans son portrait qu’il était « un fervent défenseur de la souveraineté congolaise », soutenant une ligne ferme contre les incursions rwandaises et les groupes armés dans l’Est. Ses prises de position lui avaient valu des soutiens parmi les partisans d’une ligne nationaliste, mais aussi des critiques de ceux qui estimaient que son intransigeance nuisait aux négociations régionales.
Entre regrets et soulagement
La nouvelle de sa démission a suscité des réactions contrastées. Dans l’opposition, certains saluent son courage, comme un député de l’UDPS déclarant : « C’est une perte pour la lutte contre l’impunité ». Du côté du pouvoir, des voix suggèrent que son départ pourrait « apaiser les relations avec le Rwanda », selon un conseiller présidentiel sous couvert d’anonymat.
À l’international, des observateurs s’interrogent sur l’impact de ce changement dans un contexte où la RDC cherche à mobiliser la communauté internationale contre le soutien rwandais au M23.
Et maintenant ?
Si la démission est effective, le président Tshisekedi devra rapidement trouver un successeur capable de naviguer entre fermeté judiciaire et réalpolitik. Constant Mutamba, lui, pourrait retourner à la société civile ou rejoindre un mouvement plus radical, selon des analystes. Une page se tourne, mais les défis, eux, restent entiers.
ROGER BIERE



