Diplomatie

Tchad : Fermeture de plusieurs ambassades à l’étranger

Par décret présidentiel en date du 9 septembre, le Tchad a procédé au rappel de 29 agents et diplomates en poste à l’étranger et annoncé la fermeture de plusieurs de ses représentations diplomatiques, dont les ambassades en Côte d’Ivoire, au Gabon et en Israël, ainsi que son consulat général à Istanbul. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une vaste réforme de rationalisation engagée depuis mars 2024 par le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye-Sabre Fadoul.


‎Selon le gouvernement tchadien, cette restructuration vise à optimiser l’efficacité et les résultats de la diplomatie nationale, dans un contexte de contraintes budgétaires et de nécessité d’ajustement réciproque. Une source diplomatique tchadienne a ainsi indiqué que la fermeture de l’ambassade en Côte d’Ivoire faisait écho à l’absence de représentation diplomatique ivoirienne à N’Djamena. La même source a tenu à préciser que ces fermetures n’altéraient en rien la qualité des relations bilatérales avec les pays concernés, évoquant des relations « au beau fixe » et excluant tout « froid diplomatique ».


‎*Une réforme qui suscite des interrogations*


‎Si les autorités justifient cette restructuration par des impératifs d’efficience et de réciprocité, certains observateurs expriment des réserves quant à sa méthodologie et sa portée stratégique. Hoinaty Remadji, chercheur spécialiste de l’Afrique centrale à l’Institut d’études de sécurité, regrette notamment le manque de transparence entourant ce processus.

‎« L’absence de communication officielle détaillée laisse planer le doute et donne l’impression d’une navigation à vue, au cas par cas », estime-t-il. Il soulève en particulier la question de la fermeture de l’ambassade au Gabon, un pays partenaire au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et qui héberge le siège de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). M. Remadji juge essentielle une présence diplomatique tchadienne dans ce pôle régional. »



‎Pour les partisans de la réforme, cette rationalisation permettra de concentrer les ressources sur des missions prioritaires et d’améliorer la performance globale du réseau diplomatique. Le gouvernement met en avant une volonté d’adapter l’appareil diplomatique aux réalités géopolitiques et financières actuelles.


‎Cependant, des experts appellent à une approche plus structurée. Hoinaty Remadji recommande ainsi que de telles décisions s’appuient sur un audit préalable définissant une vision claire et de long terme pour la diplomatie tchadienne. « Une réforme de cette ampleur doit être basée sur une stratégie cohérente et évaluée, et non sur des considérations uniquement budgétaires ou circonstancielles », affirme-t-il.



‎Roger BIÈRE 

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