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Révision constitutionnelle : Le Cameroun se prépare à l’après-Biya

Le parlement camerounais a adopté ce 4 avril une loi révisant la Constitution pour instaurer un poste de vice-président, qui sera le successeur constitutionnel du chef de l’État en cas de décès, démission ou empêchement définitif. Cette réforme, qui clarifie les contours de la succession, intervient dans un contexte où la santé du président Paul Biya, 93 ans, est de plus en plus questionnée.


‎La nouvelle Constitution prévoit que le vice-président, en cas de vacance du pouvoir, prêtera serment et deviendra automatiquement chef de l’État jusqu’à la fin du mandat en cours, soit jusqu’en 2032, sans avoir à organiser une élection présidentielle dans un délai restreint. Cette réforme a été interprétée comme une réponse à la controverse sur la possibilité d’un huitième mandat pour Paul Biya, qui a entamé un nouveau septennat en 2025.



‎Les analystes soulignent que cette réforme vise à assurer la stabilité et la continuité de l’État, mais qu’elle soulève également des questions sur la démocratie et la compétition électorale. Le poste de vice-président pourrait potentiellement atténuer les tensions liées à la succession, mais il est également vu comme un moyen pour le pouvoir en place de se perpétuer.



‎La révision constitutionnelle a également permis de repousser les législatives à 2027 et de lever toute limite de délai à la prorogation du mandat des conseillers municipaux. Paul Biya, seul, pourra désigner son suppléant. Les défis à venir pour le Cameroun sont nombreux, notamment la crise économique, l’éventualité d’un plan d’austérité et le conflit qui dure depuis huit ans dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.



‎Marcelle NTONGONO 

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