Enquête

RDC : Le M23 et les causes profondes de la guerre

Composante de l’Alliance Fleuve Congo, le M23 mène une guerre depuis plus de trois ans dans la partie Est de la République démocratique du Congo et essentiellement dans les deux Kivu, dans un contexte marqué par une crise socio-politique dans la majeure partie du pays.

La rébellion revendique notamment le non-respect des accords signés le 23 mars 2009 avec le gouvernement congolais, et la discrimination du peuple Tutsi massacré par les Forces de libération Démocratique du Rwanda (FDLR), des génocidaire qui ont commis le génocide au Rwanda et que Kigali présente à la face du monde comme un groupe armé qui a des velléités de génocide du peuple Tutsi.

Selon Dr Oscar Barinda, Porte-parole civil de l’AFC-M23, les accords violés par le gouvernement congolais prévoyaient, le retour des réfugiés, la bonne gouvernance, le vivre ensemble pacifique, la neutralisation des FDLR, qui selon eux tuent des civils tutsis au Congo, et interdisaient toute discrimination ethnique. Ce dernier rappelle que l’AFC-M23, se donne pour mission le rapatriement des réfugiés Tutsi congolais et la mise en place d’une politique foncière équitable pour leur garantir un accès aux terres agricoles.

« Nous allons instaurer une politique de l’habitat efficace pour que chaque Congolais trouve sa place dans la société et contribue à la nation. Nous créerons des emplois et distribuerons des terres à tous, y compris aux réfugiés Tutsi », avait-il fait savoir dans une interview exclusive accordée à Ceux Qui Font l’Afrique.

Dr Oscar Barinda précise que leur mouvement vient apporter le changement pour créer les conditions du retour des réfugiés, la bonne gouvernance et le vivre ensemble.

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Une guerre pour la domination militaire et économique

Le Rwanda intensifie son offensive en RDC pour renforcer le couloir sécuritaire et économique qu’il a établi depuis 1996, lors de la guerre de l’AFDL, selon Muhindo Nzangi, ministre du développement rural et acteur clé dans la  politique congolaise au Nord-Kivu. En établissant le couloir sécuritaire, Indique Nzangi, le Rwanda veut étendre sa ramification dans l’armée congolaise pour avoir le contrôle sur les Kivu et lui permettre d’asseoir son empire de pillage des ressources minières congolaises.

« Le Rwanda a établi en République démocratique du Congo depuis 1996 deux couloirs : le premier s’appelle, le couloir sécuritaire et le deuxième, le couloir économique. A ce qui concerne le couloir sécuritaire, c’est que depuis 1997, c’est le Rwanda qui contrôle militairement à travers les militaires congolais, la bande Est de la République démocratique du Congo en se créant lui-même ce qu’il appelle le couloir militaire à l’intérieur de la RDC. Pour qu’un ennemi entre au Rwanda, il doit déjà affronter le Rwanda, au Congo », affirme-t-il.

A l’en croire, « tous les accords qui ont été signés avec le Rwanda avaient comme soubassement l’indépendance du couloir militaire. Pour être nommé commandant à Goma, il faut l’accord de Kagame. Et ce sont les accords signés avec le CNDP, les actes d’engagements, les accords du 23 Mars 2009 qui ont abouti à l’intégration accélérée à ce qu’on a appelé le mixage ou brassage. C’est un peu le choix de Kagame au Congo. Il y a aussi le couloir économique, qui est l’objectif même du couloir sécuritaire. Il veut contrôler militairement l’Est pour s’approvisionner de nos minerais, ce qui lui fait qu’il produit plus d’or que nous, et même le coltan que nous. Le Rwanda à même des ramifications dans les mines au Katanga », a-t-il expliqué.

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Mettre en genoux le Congo

Fort de ce constat criant, Muhindo Nzangi rappelle qu’accepter de résoudre ce problème par la seule volonté de Kagame, c’est accepter de mettre à genoux le Congo. « Résoudre le problème tel que Kagame le veut, c’est accepter de mettre le Congo à genoux, et c’est ce que Tshisekedi a refusé c’est donc le nœud du problème. Le M23 est considéré comme la partie visible du Rwanda au Congo et l’accord sera le même dans le l’objectif de vouloir protéger le peuple Tutsi mais en vrai c’est pour sécuriser la frontière entre la RDC et le Rwanda », insiste notre source.

Pression militaire pour dialoguer

L’ancien ministre de l’ESU et actuellement député national de Goma, souligne que le Rwanda poursuit la guerre malgré les multiples sanctions qui lui sont infligées, pour mettre pression au régime Tshisekedi à dialoguer avec les rebelles du M23. « Cette guerre est un moyen de pression que le Rwanda utilise pour contraindre le chef de l’État à accepter, ce que Kabila l’ancien président avait toujours accepté les deux couloirs là ».

Muhindo Nzangi soulève l’infiltration du Rwanda au sein de l’armée congolaise qui profite à Kigali. Il révèle que les traîtres ne sont pas forcément des Rwandophones au sein des FARDC.

« Nous nous battons contre deux ennemis : l’ennemi visible qui est l’armée Rwandaise et l’AFC-M23, et les agents invisibles qui sont à l’intérieur de notre armée qui travaillent pour le Rwanda et qui sont les gens qui ne sont pas forcément ceux que vous croyez. Il s’agit des personnes qui ont été placées à des fonctions, commissionnées à des grades, nommés généraux par l’entreprise du Rwanda et ils sont toujours au service du Rwanda et c’est une équation difficile à régler, car tout ce que vous planifiez, c’est connu d’avance par l’adversaire et à cela s’ajoute le détournement des fonds alloués à la guerre », conclut Muhindo Nzangi.

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Cette situation traduit l’urgence de la situation et les solutions profondes aux causes qui amplifient la menace.

Anicet KIMONYO

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