Politique

Sénégal : Replique , Muhammad Déme pilonne Abass Fall, « un apprenti humoriste dépourvu de talent »

À l’issue de la grande rencontre entre le président Bassirou Diomaye Faye et les exécutifs territoriaux, les critiques du maire de la capitale ont provoqué une riposte immédiate. Dans une tribune acérée, Muhammad Déme, figure de la Task Force Communication de la coalition présidentielle, fustige « l’arrogance » et « la carence » de l’édile dakarois.
​Le climat politique dakarois n’en finit pas de se tendre. Alors que le chef de l’État, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, tentait de poser les jalons d’une nouvelle gouvernance décentralisée lors d’une grande rencontre nationale avec les élus locaux, la communication autour de l’événement a rapidement viré à la guerre de tranchées. À l’origine de ce nouveau pic de fièvre : les déclarations d’Abass Fall, maire de Dakar, qui a publiquement remis en cause le succès et l’authenticité de cette mobilisation, qualifiant à demi-mot le public de « faussement rempli ».
​Il n’en fallait pas plus pour déclencher les foudres du camp présidentiel. Dans une réplique d’une rare virulence, Muhammad Déme, expert en transport, président du mouvement ADN/S et membre influent de la Task Force Communication de la coalition Diomaye Président, a pris la plume pour renvoyer le maire de la capitale à ses chères études politiques.
​« L’effet Dunning-Kruger » ou le procès en légitimité
​Pour Muhammad Déme, la sortie d’Abass Fall relève d’un cas d’école psychologique : l’effet Dunning-Kruger, ce biais par lequel les moins qualifiés surestiment systématiquement leurs capacités. « L’ignorance, l’arrogance et l’indiscipline de ce maire imposteur, mal fabriqué, ont atteint leur paroxysme », assène d’emblée le cadre patriote, donnant le ton d’une tribune qui ne s’encombre d’aucune diplomatie.
​Au cœur de la charge se trouve la question de la légitimité territoriale. En s’en prenant à l’organisation de l’événement, Abass Fall commettrait, selon ses détracteurs, un impair républicain majeur. M. Déme rappelle ainsi le dévouement des élus locaux venus des quatre coins du Sénégal : « Respecte au moins ces élus qui ont parcouru des kilomètres pour répondre présent à l’invitation du chef de l’État. Ces élus, bien plus méritants et légitimes que toi, comprennent mieux que toi le sens du patriotisme. »
​« Abass, comment une salle peut-elle être « faussement » remplie ? »
Muhammad Déme, Président du mouvement ADN/S
​Un « apprenti humoriste » face aux réalités du terrain
​Au-delà de la joute verbale, cette tribune révèle la profonde fracture qui sépare la municipalité dakaroise de la dynamique présidentielle en cours. Saluant le « professionnalisme » et les « réalisations concrètes » du ministre des Collectivités territoriales, le communicant de la mouvance présidentielle accuse le maire d’agir par pur réflexe de survie politique, tétanisé par « la peur d’être rattrapé par la réalité et d’être éjecté de la mairie de Dakar ».
​L’attaque se fait encore plus incisive lorsque le texte égratigne la posture communicationnelle de l’édile, comparé de manière caustique à un « apprenti humoriste dépourvu de talent, qui se croyait aujourd’hui au Jamel Comedy Club ». Une formule au style très direct, digne des grandes joutes politiques de l’hebdomadaire.
Le Point, destinée à décrédibiliser la stature de son opposant.
​Alors que les grandes manœuvres pour le contrôle de la capitale profilent déjà leurs ombres, le message de la coalition présidentielle est limpide : le titre de maire d’Abass Fall n’est qu’un statut « prêté » que la mouvance compte bien récupérer à la prochaine échéance. Le ton est donné, la bataille de Dakar ne fait que commencer.

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Amadou Tidjane Dia

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