RDC : Moïse Katumbi et son parti pour détrôner Tshisekedi en 2028?

pour la République, dirigé par l’opposant Moïse Katumbi, a tenu une réunion stratégique les 12 et 13 août à Bruxelles (Belgique), marquant un tournant dans sa contestation du pouvoir de Félix Tshiseked, en République démocratique du Congo (RDC)i. Refusant de participer au gouvernement actuel, le mouvement se prépare déjà pour les élections générales de 2028, tout en dénonçant ce qu’il qualifie de « dérive autoritaire » du régime en place.
Une opposition qui se structure en exil
Réunis en conclave, les cadres du parti ont affiché leur détermination à organiser une « riposte politique et citoyenne » face aux « menaces pesant sur la nation ». Dans une déclaration officielle, Ensemble pour la République accuse le président Tshisekedi de chercher à prolonger son mandat au-delà des limites constitutionnelles, évoquant des «manœuvres pour modifier la Constitution».
« Le respect de la Constitution et des délais du mandat présidentiel est une exigence absolue», a martelé le parti, qui s’appuie sur des observateurs politiques et des analystes juridiques pour étayer ses craintes. Ces allégations rejoignent celles d’autres formations de l’opposition et de certaines organisations de la société civile, qui dénoncent un risque de verrouillage démocratique.
Le mouvement katumbiste reproche également au pouvoir de Kinshasa d’avoir torpillé les efforts de dialogue initiés par la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et l’Église du Christ au Congo (ECC). « Les manœuvres dilatoires du régime ont rendu toute discussion inclusive impossible », déplore le parti.
En réponse, Ensemble pour la République annonce la mise en place d’un dispositif d’alerte et de protection pour recueillir les plaintes contre d’éventuelles restrictions des libertés publiques. Parallèlement, le parti prévoit une vaste campagne de mobilisation, avec un renforcement de ses structures locales, une expansion de sa base militante et une alliance avec la diaspora congolaise.
Appel à l’union des forces démocratiques
Moïse Katumbi, en exil depuis plusieurs années, a lancé un appel à l’unité des opposants, invitant « toutes les forces démocratiques, les mouvements citoyens et la société civile » à se rassembler pour « mettre fin à la dictature et restaurer un pouvoir légitime issu d’élections crédibles».
Cette stratégie de front commun rappelle les alliances formées lors des précédents scrutins, mais dans un contexte marqué par une répression accrue contre les dissidents et une polarisation croissante de la vie politique congolaise.
Alors que la RDC traverse une période de tensions politiques et socio-économiques, la radicalisation du discours de l’opposition katumbiste pourrait annoncer une nouvelle phase de confrontation avec le pouvoir. Les prochains mois seront déterminants pour mesurer la capacité de mobilisation réelle du parti, ainsi que la réponse des autorités face à ces défis.
Roger BIÈRE



