Politique

Remaniements gouvernementaux : Embaló resserre en Guinée, Tshisekedi élargit en RDC

À l’approche de leurs échéances électorales, la Guinée-Bissau et la République démocratique du Congo (RDC) adoptent des stratégies politiques contrastées. Tandis que le président bissau-guinéen a opté pour un recentrage du pouvoir, son homologue congolais mise sur une ouverture calculée à l’opposition.



‎À moins de trois mois des élections générales prévues en novembre, le président Umaro Sissoco Embaló a annoncé, ce jeudi, la dissolution de son gouvernement. Ce geste, interprété comme une manœuvre politique visant à renforcer son emprise sur l’appareil étatique, intervient dans un climat de tensions persistantes entre l’exécutif et l’Assemblée nationale, dominée par le PAIGC (Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert).


‎Le chef de l’État, élu en 2019 et confronté à une instabilité chronique, justifie cette décision par la nécessité d’« une nouvelle dynamique » en vue des scrutins à venir. Le gouvernement dirigé par Rui Duarte de Barros a été remplacé par une nouvelle équipe conduite par Braima Camara, proche du président.


‎Ce remaniement suscite des inquiétudes chez les observateurs, qui y voient un possible durcissement du régime dans un pays encore marqué par une succession de coups d’État et de crises institutionnelles.



‎À l’inverse, le président congolais Félix Tshisekedi a choisi une stratégie d’ouverture en intégrant deux figures de l’opposition dans son nouveau gouvernement, annoncé en début de journée.


‎Adolphe Muzito, ancien Premier ministre (2008–2012), est nommé vice-Premier ministre et ministre du Budget. Floribert Anzuluni, leader d’un petit parti d’opposition, prend en charge le portefeuille de l’Intégration régionale.


‎Réélu en 2023, Tshisekedi cherche à consolider sa légitimité dans un paysage politique fragmenté. Si certains saluent cette démarche comme un signe d’apaisement et de maturité démocratique, d’autres y voient une tentative de « récupération politique » destinée à neutraliser les voix critiques.



‎Ces mouvements gouvernementaux traduisent deux visions opposées de la gestion pré-électorale : en Guinée-Bissau, Embaló resserre son cercle de pouvoir, quitte à exacerber les tensions avec l’opposition ; en RDC, Tshisekedi tente une inclusion sélective pour élargir sa base et marginaliser les critiques les plus virulents.


‎Dans les deux cas, la stabilité politique demeure fragile, et la crédibilité des prochains scrutins constituera un test majeur pour ces démocraties.

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