Économie

Sénégal : Barclays révèle une dette publique à 119 % du PIB en 2024 !

Un rapport explosif de la banque britannique Barclays a jeté une lumière crue sur la situation financière du Sénégal. Selon l’institution, la dette publique du pays aurait bondi à 119 % du PIB en 2024,  contre 99,7 % l’année précédente. Cette réévaluation place le Sénégal en tête des pays les plus endettés d’Afrique, devant la Zambie et le Cap-Vert, et déclenche une onde de choc sur les marchés financiers internationaux. 

La révélation de ce chiffre, bien supérieur aux estimations officielles, a provoqué une chute brutale des obligations sénégalaises en dollars.  Les titres arrivant à échéance en 2033 ont perdu 3,81 cents, tombant à 64,69 cents pour un dollar, un plus bas historique. Selon Bloomberg, les obligations du Sénégal affichent une baisse de 9,1 % depuis début 2025,  une performance pire que celle de l’Ukraine (-8,6 %). 

Cette dégringolade reflète la défiance des investisseurs, inquiets de la soutenabilité de la dette sénégalaise. Barclays estime désormais qu’il faudra près d’une décennie au pays pour revenir sous le seuil des 100 % du PIB,  bien plus longtemps que les prévisions initiales (2028). 

*Un héritage financier lourd et des comptes publics opaques*

Le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye,  arrivé au pouvoir en 2024, hérite d’une situation financière délicate. Un audit indépendant  est en cours pour clarifier l’état réel des finances publiques, mais les premières révélations pointent une sous-déclaration des dettes sous l’ancienne administration. 

Le Fonds monétaire international (FMI),  qui avait accordé un prêt de 1,8 milliard de dollars,  a suspendu son programme en attendant plus de transparence.  « Cette nouvelle donne complique les discussions avec le FMI », analyse Michael Kafe,  économiste chez Barclays. 

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*Quelles solutions pour éviter l’asphyxie financière ?*

Face à cette crise, les experts appellent à des mesures urgentes notamment : le  Rééchelonnement et le rachat de dette  pour alléger le fardeau à court terme ;   La Rationalisation des dépenses publiques, notamment des subventions énergétiques ; L’Élargissement de l’assiette fiscale en réduisant les exonérations et en luttant contre l’évasion fiscale ; L’Accélération des réformes structurelles pour améliorer la gouvernance économique. 

L’économiste Moubarack Lô souligne que «le Sénégal ne peut pas se permettre l’inaction», malgré le fait que le gouvernement actuel ne soit pas responsable de l’accumulation de cette dette.  Si les ressources pétrolières et gazières du Sénégal offrent un espoir à long terme, elles ne suffiront pas à résoudre la crise actuelle.

Le pays pourrait compter sur un accord rapide avec le FMI, mais surtout, une rigueur budgétaire accrue  pour rassurer les créanciers et éviter un durcissement des conditions d’emprunt.  « Il n’y a plus de temps à perdre», alerte le Pr Amath Ndiaye (FASEG-UCAD), qui appelle à un «plan de stabilisation crédible» combinant austérité mesurée et relance des investissements.  

La prochaine publication de l’audit indépendant et les négociations avec le FMI seront déterminantes pour l’avenir financier du Sénégal. 

Roger BIÈRE 

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