RCA : Bangui accueille le Caucus africain des institutions de Bretton Wood

La République centrafricaine (RCA) accueille depuis ce mardi la réunion annuelle du Caucus africain du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Un événement majeur qui rassemble ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales du continent.
Le ministre centrafricain des Finances, Hervé Ndoba, a souligné l’importance particulière de cette édition : « Il y aura un avant et un après Bangui », déclarait-il à Africa24, laissant entendre des annonces majeures pour le financement du développement en Afrique.
Concernant les thèmes abordés, trois sujets principaux dominent les discussions. D’abord , la soutenabilité de la dette africaine, alors que plusieurs pays comme le Ghana, la Zambie et l’Éthiopie connaissent des défauts partiels. Ensuite, la lutte contre l’inflation, particulièrement préoccupante pour les économies importatrices de denrées. Enfin , les mécanismes de financement climatique apparaissent comme cruciaux pour l’adaptation aux chocs environnementaux.
Quant aux retombées potentielles de ce sommet, plusieurs scénarios sont envisageables. D’abord, la création d’un fonds spécial pour les États fragiles, proposé par la Banque mondiale. Ensuite, l’octroi de nouveaux prêts concessionnels du FMI ciblant la sécurité alimentaire. Enfin, une meilleure représentation africaine dans les instances décisionnelles de Bretton Woods pourrait émerger.
Le choix de Bangui comme ville hôte -une première- s’explique par plusieurs facteurs. D’une part, la RCA a connu une relative normalisation politique après une décennie de crises. D’autre part, le pays a engagé d’importantes réformes économiques sous l’égide du FMI. Enfin, cette décision s’inscrit dans la stratégie de la Banque mondiale visant à soutenir les États fragiles.
Par ailleurs, la situation de la RCA reflète les paradoxes du continent africain : d’un côté , le pays dispose de ressources naturelles abondantes (or, diamants, bois), de l’autre, il présente un PIB par habitant parmi les plus bas (environ 500$). Et si une stabilité relative a été retrouvée, la dépendance aux partenaires extérieurs (Russie, FMI, UE) demeure importante.
Ce sommet constitue en définitive un test important pour la coopération internationale. Alors que la RCA cherche à sortir de l’isolement économique, il permettra de mesurer la volonté réelle des institutions financières internationales d’accompagner les économies africaines dans un environnement mondial incertain.
Roger BIÈRE



