Or : une demande en plein essor malgré la prudence des banques centrales

La demande mondiale d’or a atteint 2 400 tonnes au premier semestre 2025, alors que les prix du métal jaune enregistrent des niveaux historiques. C’est ce que révèle le dernier rapport du World Gold Council, publié le 31 juillet.
Selon l’organisation, la demande a atteint un montant record de 132 milliards de dollars au deuxième trimestre, soit une hausse spectaculaire de 45 % sur un an. Ce dynamisme est largement alimenté par l’investissement privé, bien que les banques centrales — jusqu’alors moteur essentiel du marché — affichent une nette inflexion.
Après trois années consécutives (2022 à 2024) où leurs achats nets ont dépassé les 1 000 tonnes par an, les banques centrales se montrent plus prudentes. Le World Gold Council a revu ses prévisions à la baisse, anticipant une chute de 230 tonnes sur l’ensemble de 2025, bien supérieure à la baisse initiale estimée à 101 tonnes. Sur les six premiers mois de l’année, leurs achats se sont établis à 415,1 tonnes, en recul de 21 % au premier trimestre.
Sur le plan des prix, l’once d’or se négocie autour de 3 300 dollars fin juillet. Le World Gold Council reste prudent et n’anticipe que des gains modérés au second semestre, jugés insuffisants pour relancer la demande globale.
Cette prudence contraste avec les projections plus audacieuses d’autres acteurs du marché. Goldman Sachs envisage un cours de 3 675 dollars l’once d’ici fin 2025, et jusqu’à 4 000 dollars à mi-2026. Encore plus optimiste, Fidelity estime que ce seuil pourrait être franchi dès cette année.
L’année 2025 s’annonce donc comme une période charnière pour le marché aurifère, où la vigueur des prix et l’appétit des investisseurs compensent, en partie, le désengagement des banques centrales.
Marcelle NTONGONO



