Maroc : Automobile, Gesparc présente l’E-Lux

Gesparc, l’entreprise gabonaise de location longue durée, filiale du groupe Sogafric a dévoilé mercredi à Oued Zem, sur la piste du centre UTAC proche de Casablanca son prototype E-Lux, une Toyota Hilux 100% électrique rétrofité. Une première africaine dans le domaine du rétrofit, pour répondre aux besoins des industries extractives et de la logistique sur le continent africain.

À la manœuvre, Julien Soret, Directeur général de Gesparc et responsable du projet, qui a dévoilé ce véhicule pas comme les autres — une Toyota Hilux GUN 125 (2015) — transformé grâce au remplacement complet de son moteur thermique par un moteur électrique de 80 kW, alimenté par des batteries de 40 kWh. Fini l’embrayage, la boîte de vitesses ou le bruit du diesel : place à un pick-up silencieux, économique et écologique, capable de parcourir 190 km en conditions off-road.
Boris Kerangall DGA, le Directeur général adjoint de Sogafric Holding, Arnaud Pigounides, Président de Rev Mobilities, le constructeur du prototype, et de Zoran Velkoski, Concepteur et Directeur technique de Wheelsecure et leurs équipes ont pris part à l’événement dans les installations du centre UTAC d’Oued Zem, en présence d’invités marocains, subsahariens du monde de l’automobile et des industries extractives.
Boris Kerangall a fait l’historique de Sogafric, née en 1970 des Ets Boutonnet créés par Robert Boutonnet en 1954 à Port-Gentil, la cité pétrolière dans l’Ouest du pays, avant ses premiers développements, puis ses nouveaux développements à partir de 1995 pour être la holding qu’elle est devenue, avec entre-temps la création en 1998 de Gesparc, sous la houlette de Christian Kerangall. Le groupe Sogafric compte avec cette innovation répondre à la double ambition de Gesparc de satisfaire les besoins de ses clients et accompagner la transition énergétique voulue par l’État gabonais, a souligné Boris Kerangall, retraçant l’histoire du groupe fondé en 1970 à Port-Gentil, et devenu l’un des piliers de l’économie gabonaise via notamment la BGFIBank, la première Banque d’Afrique centrale.
« J’espère que vous allez être séduit par le produit (…) Encore merci et que la fête commence », a-t-il lancé ouvrant la phase de test sur piste et hors-piste du E-Lux.

Avec cette technologie du rétrofit, qui allie dans ce pick-up, le plus répandu sur le continent africain, un moteur électrique de 80 Kilowatt et des batteries de 40 kWh pour une autonomie de 190 km en condition hors-piste (off road), le E-Lux a gardé, selon les participants, les qualités de son ancêtre Hilux mais avec l’absence de bruit en plus, qualité essentielle dans les sites pétroliers au Gabon où les opérateurs côtoient des animaux sauvages.
Parmi les participants, Ghislain Pither, Directeur logistique chez le pétrolier Gabonais Assala a donné ses impressions.
« Nous avons été impressionné dès lors que c’est un véhicule électrique nouvelle génération. Aujourd’hui nous utilisons 300 pick-up, des véhicules thermiques. Nous utilisons beaucoup de gasoil. Avec ce passage du moteur thermique au moteur électrique, nous n’allons plus polluer l’air, nous ferons très certainement des grosses économies car nous consommons 200 000 Francs de carburant par véhicule (Ndlr par mois). J’ai testé le E-Lux, on a l’impression d’être dans une soucoupe volante, le véhicule est silencieux, il n’y a plus d’embrayage », a-t-il déclaré indiquant n’avoir pas senti de différence en matière de robustesse, même s’il est curieux de voir comment le véhicule va se composter sur les sites d’Assala au Gabon.
Ce moteur, qui se recharge à 80% en 5 heures, fait partie du kit tropicalisé par le français Rev Mobilities, fondateur de la réglementation retrofit française et de sa filière en France.
« C’est écologique, mais aussi économique », a clamé Arnaud Pigounides, le président de Rev Mobilities soulignant le rôle pionnier en France de son entreprise qui figure parmi les 200 rétrofiteurs au monde.
Les essais comparatifs entre un Hilux thermique et l’E-Lux sur les pistes bitumées et celles accidentées du site UTAC, ont été concluants selon les participants qui ont été en immersion rotative en ateliers pratiques.
Occasions pour les équipes de Rev Mobilities de présenter leur technologie incarnée par le kit de rétrofit développé dans le respect des standards européens et la démonstration spectaculaire par Wheelsecure de la technologie anti-crevaison soumis au test du Fakir, un passage des pneus sur des planches à clous, pour illustrer la résistance renforcée offerte par leur solution dont la gamme premium n’a pas de concurrent au monde.
« On a trouvé le moyen de développer une technologie qui est injectée par la valve du pneumatique. C’est un liquide composé en grande partie de pneumatique qu’on recycle. Il permet aux pneumatiques de s’auto-réparer en cas de crevaison pendant toute leur durée de vie classique », a déclaré Zoran Velkoski.
A la fin des ateliers, des démonstrations et des tests sur piste et hors-pistes, Julien Soret, organisateur de l’événement, a dit sa satisfaction.

« Nous avons eu le plaisir d’accueillir sur le circuit du centre UTAC d’Oued Zem des participants qui ont eu le privilège de découvrir et d’essayer en avant-première mondiale le dernier développement de Sogafric Innovation le E-Lux, qui est une déclinaison 100% électrique du Toyota Hilux. Ce qui est remarquable c’est que notre E-Lux a franchi, avec une grande facilité, tous les obstacles de la piste 4X4 qui sont imposés ici au centre UTAC d’Oued Zem et les utilisateurs qui ont pu essayer le véhicule ont remarqué d’une part, la facilité d’utilisation et aussi un comportement quasiment 100% comparable à celui du véhicule d’origine », a déclaré Julien Soret par ailleurs Directeur des développements électromobilité de la division Sogafric Innovations.
L’opération se poursuivra et prendra fin jeudi de nouveaux invités dont ceux du pétrolier français Maurel et Prom, installé au Gabon et dont la demande d’un véhicule électrique est à l’origine de l’E-Lux. En juillet deux kits de moteurs électriques seront acheminés et montés à Libreville ouvrant la voie au projet industriel de l’usine de montage.
Marianne IWANI

