La Guinée mise sur l’alumine pour doper son économie

Pour rompre avec sa dépendance à l’exportation de matières premières brutes, la Guinée lance la construction d’une deuxième raffinerie d’alumine en quelques mois à Boké. Ce projet de plus de 1,2 milliard de dollars incarne la stratégie industrielle du pays, qui ambitionne de capter une plus grande part de la valeur ajoutée de ses immenses réserves de bauxite.
Avec près d’un tiers des réserves mondiales de bauxite, la Guinée est le premier exportateur mondial de ce minerai, principalement vers la Chine. La transformation locale en alumine , une étape clé vers l’aluminium, représente un saut économique majeur. C’est dans cet objectif que le gouvernement vise la construction de 5 à 6 raffineries d’ici 2030, pour une capacité totale d’environ 7 millions de tonnes d’alumine par an, contre aucune il y a encore peu.
Pour y parvenir, la Guinée diversifie ses partenariats, dont Pékin d’une part : Winning, le consortium majoritairement chinois pilote le projet de Boké, capitalisant sur un partenariat historique. D’autre part, une entreprise belge est en charge du projet Alteo, et vise spécifiquement le marché européen des alumines de spécialité. Cette dernière intègre un centre de formation pour développer les compétences locales.
La réussite de cette transition industrielle repose sur la capacité à résoudre deux contraintes majeures. Premièrement, l’énergie : le processus de raffinage est extrêmement consommateur d’électricité (environ 3 000 kWh par tonne d’alumine). Deuxièmement, les compétences : le pays manque encore d’une main-d’œuvre qualifiée en nombre suffisant pour faire fonctionner ces industries complexes.
Autant de chantiers qui attendent les autorités de Conakry.
Roger BIÈRE



