Gabon : Libreville officialise sa demande de programme auprès du FMI

Le Gabon a officiellement sollicité l’ouverture d’un programme avec le Fonds monétaire international (FMI), a annoncé par un porte-parole de l’institution le 11 mars 2026. Cette demande fait suite à une mission de dix jours du FMI à Libreville et s’inscrit dans une stratégie de stabilisation des finances publiques de la part de Libreville.
La requête gabonaise intervient en effet dans un contexte économique tendu. L’agence Fitch Ratings a récemment dégradé la note de la dette publique du pays, dont le niveau est estimé entre 70 % et 75 % du PIB, dépassant ainsi le seuil communautaire de 70 % fixé par la CEMAC. Cette situation résulte notamment d’une augmentation des dépenses publiques, et surtout d’une gestion peu orthodoxe des précédents emprunts par le régime déchu.
Selon un responsable du FMI, les discussions avec les autorités gabonaises ont mis en évidence « l’importance cruciale de garantir des politiques budgétaires et financières prudentes pour préserver la stabilité macroéconomique au Gabon et dans la région ».
Un signal de crédibilité attendu par les investisseurs
L’obtention d’un accord avec le FMI est généralement perçue par les investisseurs et les agences de notation comme un gage de crédibilité économique. Elle pourrait faciliter le déblocage de financements supplémentaires et contribuer à stabiliser la deuxième économie de la zone CEMAC.
Le ministère gabonais de l’Économie a indiqué que cette démarche s’inscrit dans « la volonté du gouvernement de renforcer la transparence, la rigueur budgétaire et la viabilité des finances publiques ».
Les discussions entre Libreville et le FMI se poursuivront dans les semaines à venir, afin de préciser les contours de ce programme d’appui financier en perspective.
Roger BIÈRE



