Économie

Bénin : Le pays mise sur le textile pour impulser son industrialisation

Le Bénin, premier producteur de coton en Afrique, compte accélérer sa transformation industrielle en misant sur la filière textile. Avec la zone économique spéciale de Glo-Djigbé (GDIZ), le pays ambitionne de passer de l’exportation de matière première à la fabrication de produits finis, créant ainsi de la valeur ajoutée et des emplois locaux.

Développée en partenariat avec le groupe Arise Integrated Industrial Platforms (Arise IIP), la zone industrielle de Glo-Djigbé, située à une trentaine de kilomètres de Cotonou, accueille déjà des unités de production textile intégrées couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur. Bénin Textile SA, filiale d’Arise IIP, illustre cette dynamique en produisant des articles en coton destinés à l’exportation, notamment pour la marque française Kiabi.
« C’est la première fois que nous disposons au Bénin d’un outil intégré nous permettant d’aller du coton fibre au produit fini », souligne Yemi Ahouanmenou, directeur général adjoint de l’entreprise, témoignant ainsi de l’évolution du secteur. 

Alors que le Bénin produit annuellement 700 000 tonnes de coton, l’essentiel de cette production était jusqu’alors exporté à l’état brut. Le gouvernement entend désormais capter une plus grande part de la valeur ajoutée en développant une industrie textile compétitive.

La GDIZ, s’étendant sur 1 640 hectares, joue un rôle clé dans cette stratégie en offrant des infrastructures modernes et des incitations fiscales attractives pour les investisseurs. Cette approche intégrée permet non seulement de valoriser la production cotonnière locale mais aussi de réduire la dépendance aux importations de produits textiles finis. 

Cette initiative s’inscrit dans la politique industrielle du président Patrice Talon, visant à créer des emplois et à diversifier l’économie nationale. Les projections officielles indiquent que la GDIZ pourrait générer 200 000 emplois directs et indirects d’ici 2030. « Nous ne voulons plus être un simple fournisseur de matières premières. L’industrialisation est la clé pour créer de la richesse et des opportunités pour notre jeunesse », explique un responsable du ministère de l’Industrie, soulignant ainsi la dimension sociale de ce projet. 

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*Perspectives et défis à relever*

Si les premiers résultats sont encourageants, plusieurs défis persistent pour assurer la pérennité de cette stratégie. La compétitivité face aux géants asiatiques du textile constitue un premier obstacle majeur, nécessitant une amélioration constante de la productivité. Par ailleurs, le manque de main-d’œuvre qualifiée appelle au développement de programmes de formation adaptés aux besoins du secteur. Enfin, la conquête de marchés internationaux impose une montée en gamme des productions béninoises. Pour répondre à ces enjeux, les autorités misent sur des partenariats public-privé et l’amélioration des infrastructures logistiques, notamment portuaires. 

Le succès de ce modèle industriel pourrait faire du Bénin un pôle de référence en matière de transformation locale en Afrique de l’Ouest. Au-delà du secteur textile, cette expérience pourrait inspirer d’autres filières telles que l’agroalimentaire ou les matériaux de construction.

Roger BIÈRE 

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