Energie

‎Madagascar : Vara Mada, le géant minier bientôt sous pavillon américain

Après plus de deux décennies d’atermoiements, le plus important chantier minier de Madagascar refait surface. Autrefois connu sous le nom de « Base Toliara », le projet a été rebaptisé « Vara Mada » en décembre dernier. Porté par la société américaine Energy Fuels et appuyé par Washington, il prévoit d’extraire ilménite, zircon et monazite dans le sud-ouest de l’île, une zone parmi les plus pauvres du pays, sur une période potentielle de 38 ans.


‎Un accord avec l’État malgache reste la clé de voûte : il devra d’abord être publié, puis recevoir l’aval de la Haute cour constitutionnelle et du parlement.


‎Situé à Ranobe, à 45 km au nord de Tuléar, le site représente un investissement proche du milliard de dollars, 854 millions d’euros. Energy Fuels cible en particulier la monazite, source de terres rares dont la Chine contrôle aujourd’hui près de 80% de la production mondiale.


‎Les prospections ont débuté au début des années 2000. Depuis, le projet a changé d’actionnaires et d’appellation à plusieurs reprises, sans jamais entrer en phase d’exploitation. Il avait été gelé en 2019 face à une forte opposition locale. Mike Van Akkooi, vice-président senior d’Energy Fuels et directeur national pour Vara Mada, assume cet héritage et promet une nouvelle méthode.


‎« Le passé du projet comporte des failles, nous en sommes conscients. Nous repartons de zéro avec une équipe renouvelée. Notre pari : la transparence et un dialogue concret avec les communautés », explique-t-il. L’étape cruciale désormais, c’est la signature d’un accord d’investissement avec l’État. « Cet accord, c’est notre contrat de travail. Sans lui, impossible de démarrer », précise Mike Van Akkooi. Le document fixera toutes les modalités d’implantation. Il intègre une clause de stabilité par laquelle l’État garantit le maintien des conditions pendant toute la durée du projet, ainsi qu’un recours à l’arbitrage international en cas de différend.


‎Pendant la phase de construction, l’entreprise s’engage à injecter plus de 500 millions de dollars dans l’économie malgache, soit plus de 427 millions d’euros. « C’est plus du double des flux d’IDE que reçoit actuellement le pays », souligne le dirigeant. Le calendrier visé : démarrage des travaux en 2027, pour une première production entre 2029 et 2030.


‎Sur place, dans le Grand Sud, le scepticisme demeure. Une partie des habitants redoute toujours les impacts sur l’environnement et la santé publique.


‎Marcelle NTONGONO 

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