Sommet EAC-SADC : Vers une solution africaine pour la crise en RDC

Les dirigeants africains ont franchi une étape décisive, ce vendredi 1er Août, en unifiant leurs efforts pour résoudre la criseuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Lors d’un sommet extraordinaire réunissant la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et l’Union africaine (UA), une initiative de paix panafricaine a été lancée, visant à coordonner les différentes médiations en cours.
Une approche unifiée sous l’égide de l’UA
Présidée par William Ruto (Kenya) et Emmerson Mnangagwa (Zimbabwe), la réunion a acté la fusion des mécanismes de médiation précédents – notamment les processus de Nairobi et de Luanda – en une seule structure pilotée par l’UA depuis son siège d’Addis-Abeba. «C’est un tournant», a déclaré le président kenyan, soulignant la nécessité d’une réponse cohérente face à une situation qu’il a qualifiée de « désastreuse ». « il existe désormais un processus mené par l’Afrique qui rassemble toutes les autres initiatives », a-t-il insisté, évoquant une crise aux ramifications régionales.
Une crise aux multiples dimensions
Le conflit dans l’est de la RDC, marqué par la résurgence du groupe armé M23 en 2023, a provoqué des milliers de morts et plus de 7 millions de déplacés cette année. Les tensions, alimentées par des rivalités ethniques et la convoitise des ressources minières, impliquent également le Rwanda, accusé par Kinshasa de soutenir les rebelles – ce que Kigali dément.
En juillet, un cessez-le-feu permanent, facilité par le Qatar, avait été signé par le M23, salué par l’UA comme une « étape majeure ». Quelques semaines plus tard, un autre accord, négocié sous médiation américaine, était paraphé à Washington en présence des diplomates congolais et rwandais.
Si cette initiative africaine marque une volonté de leadership continental, son efficacité reste à prouver. Les précédents accords, bien qu’encouragés par la communauté internationale, ont peiné à s’imposer sur le terrain. La coordination entre l’EAC, la SADC et l’UA, aux mandats parfois concurrents, constituera un test crucial.
Un sommet virtuel est prévu dans sept jours pour officialiser les modalités de cette nouvelle feuille de route. Les observateurs espèrent une mise en œuvre rapide, alors que les violences se poursuivent dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Roger BIÈRE



