Égalité hommes-femmes en Afrique : Les subsahariens en tête, le Maghreb à la traîne

Le Forum Économique Mondial (WEF) vient de publier son très attendu Rapport mondial sur l’écart entre les genres 2025, dressant un état des lieux de l’égalité hommes-femmes à travers le globe. Si des progrès sont notés, l’analyse régionale pour l’Afrique révèle une réalité contrastée : les nations subsahariennes mènent la danse en matière de parité, tandis que les pays du Maghreb peinent à combler le fossé, souvent entravés par des facteurs culturels et sociaux profondément enracinés.
La Namibie, fer de lance de l’égalité en Afrique
En tête du classement africain, la Namibie se distingue de manière spectaculaire, se hissant à la 8ème place mondiale. C’est le seul pays africain à figurer dans le Top 10 global, témoignant d’efforts significatifs et de politiques inclusives qui portent leurs fruits. Elle est suivie de près par le Cap Vert (30ème mondial) et l’Afrique du Sud (33ème mondial), qui confirment également leur engagement et leurs avancées sur plusieurs indicateurs clés.
Le Top 10 africain est complété par des pays comme le Rwanda (39ème), le Liberia (40ème), le Burundi (44ème), l’Eswatini (46ème), le Zimbabwe (49ème), le Mozambique (53ème) et la Tanzanie (55ème). Ces nations ont démontré des progrès notables dans des domaines cruciaux tels que la participation économique des femmes, leur représentation politique, et l’accès à l’éducation et à la santé.
Le Maghreb face à des freins socio-culturels persistants
Le rapport du WEF met en évidence un contraste saisissant avec la région du Maghreb. Les pays d’Afrique du Nord, bien qu’ayant un potentiel économique certain, restent globalement à la traîne en matière d’égalité hommes-femmes. La Tunisie (123ème mondial), le Maroc (137ème mondial), et l’Égypte (139ème mondial), se retrouvent dans la partie inférieure du classement, loin derrière leurs homologues subsahariens. L’Algérie (141ème mondial) clôture le tableau pour la région Maghreb.
Titré « Global Gender Gap Report 2025 », le document suit les contrastes entre les femmes et les hommes en s’appuyant sur plus de dix indicateurs, à savoir le taux de participation au marché du travail, l’égalité des salaires pour un travail similaire, le taux d’alphabétisation, l’espérance de vie et les pourcentages de femmes dans la députation et les ministères.
Défis et perspectives
Si les performances des pays subsahariens sont encourageantes et montrent que des avancées significatives sont possibles, le retard du Maghreb souligne la nécessité de réformes plus profondes. Pour la WEF, l’égalité hommes-femmes n’est pas seulement une question de droits humains, c’est aussi un levier puissant pour le développement économique et social.
Marcelle NTONGONO



