Éducation

Madagascar : Investir dans l’avenir, la révolution de la formation professionnelle à Madagascar

La transformation éducative à Madagascar en 2024 connaît un tournant considérable, avec un investissement majeur dans la formation professionnelle annoncé par le président Andry Rajoelina. Les initiatives gouvernementales, les engagements des partenaires et le secteur privé offrant des programmes certifiants gratuits, procurent des perspectives novatrices pour réduire le chômage. Les défis, les solutions et les témoignages façonnent un avenir prometteur pour la jeunesse malgache.

Vers une transformation profonde du pays

Dans un discours puissant au Sommet des gouvernements du monde à Dubaï le 13 février dernier, le président de la République malgache, Andry Rajoelina, a tracé une vision audacieuse pour l’avenir de Madagascar. « Nous allons investir massivement dans la formation professionnelle pour augmenter la compétence de nos jeunes et réduire le taux de chômage », a-t-il fait savoir. Cette déclaration marque le début d’une ère de changements significatifs dans le pays.

Cette mission présidentielle à Dubaï ne s’est pas limitée aux paroles, mais a également abouti à des projets concrets de coopération avec les Émirats Arabes Unis dans le domaine de la digitalisation. À travers le DIGITAL SCHOOL (éducation nationale) et le « CODERS INITIATIVE » (formation professionnelle), plus d’un million de jeunes Malgaches seront formés aux nouvelles technologies. « L’avenir se résume à la préparation de nos générations futures à affronter des défis avec des armes technologiques innovantes qui forgeront leur monde de demain. L’espoir de toute une génération repose entre nos mains, nous les leaders d’aujourd’hui. Notre devoir est de les accompagner pour un avenir meilleur », a ajouté le président Rajoelina.

Initiative du gouvernement : Olo-mahay raha, tsy very mandeha

Sous la devise « Olo-mahay raha, tsy very mandeha », qui se traduit en français par « Une personne qui a étudié trouve toujours son chemin », le ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle du gouvernement malgache a lancé une série de formations professionnelles certifiantes gratuites pour répondre aux besoins du marché. Ces programmes comprennent la réalisation d’enrochement et le travail de tailleur de pierre (granite) dans des localités comme Faratsiho et Ambohidratrimo, et dont plus de 800 personnes ont bénéficié. Les métiers du web ont également été explorés, avec la participation de 202 jeunes à Analamanga et qui va s’étendre dans les différentes régions. De plus, des formations en gestion des relations clients en appels entrants et sortants (call center), sont les secteurs les plus demandeurs dans la capitale, allant jusqu’à s’étendre dans les villes de la grande île. La formation des formateurs correspond aux demandes actuelles dans le milieu du travail. Les recrutements dépendent des sujets de formations, se faisant à travers des annonces en ligne, des affichages et des critères spécifiques à chaque formation.

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Eu égard à ces formations, ceux qui ont obtenu l’attestation bénéficieront d’un « speed recruiting » ou « recrutement rapide ». C’est une méthode de recrutement qui vise à accélérer le processus de sélection des candidats en organisant des entretiens courts et dynamiques. Ce, pour faciliter leur intégration dans le marché du travail.

Défis et solutions dans l’éducation technique et professionnelle

Un défi majeur dans l’éducation technique et professionnelle réside dans le décalage entre les offres d’emplois disponibles et les études effectuées. De nombreux jeunes diplômés ne répondent pas aux critères des entreprises, créant un écart entre l’offre et la demande sur le marché du travail.

Lors de rencontres avec les partenaires techniques et financiers, cinq principaux points ont été discutés avec le ministère pour surmonter ces défis : la réforme curriculaire pour la restructuration et l’adaptation des programmes éducatifs pour répondre aux besoins actuels et futurs du marché ; l’orientation et l’insertion professionnelle en guidant et intégrant les individus sur le marché du travail en fonction de leurs compétences et aspirations ; la rénovation des infrastructures qui consiste en la modernisation et l’amélioration des installations et des équipements éducatifs pour garantir des environnements propices à l’apprentissage ; la mise en place d’incubations professionnelles, pour la création d’un environnement favorable à l’éclosion et au développement de compétences professionnelles, souvent à travers des programmes d’accompagnement ; l’exploitation du secteur numérique via les MOOC (Massive Online Open Courses) pour offrir des cours en ligne ouverts à un large public, favorisant l’accès à l’éducation à grande échelle.

La ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Lalatiana Rakotondrazafy, a souligné l’engagement à suivre le passage de la formation en travail rémunéré, permettant aux jeunes de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles.

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Lors d’une formation sur la formation des formateurs, la ministre a déclaré : « Les jeunes ont la volonté, ils veulent travailler. C’est mon rôle, celui du ministère et de l’État de les aider. »

Partenariats publics et privés pour une formation complète

Outre les initiatives gouvernementales, des entités privées contribuent également à l’éducation technique et professionnelle. Le projet EauSoleil-Paca 2023-2025 vise à établir un réseau d’eau public et pédagogique au Lycée technique privé (LTP) Sambava et dans ses environs. Le ministère a accordé son soutien à des travaux préparatoires, dont la fabrication de 10 000 parpaings par les apprenants du LTP Sambava pour la construction du futur mur d’enceinte de l’établissement. Parallèlement, Ambatovy propose un programme de stage en 2024 pour les soudeurs, offrant des conditions avantageuses pour les détenteurs d’un DTS âgés de plus de 18 ans.

L’école 42, portée par le groupe Axian, offre une formation pratique en mettant l’accent sur les projets et le travail de groupe plutôt que sur l’enseignement théorique. Cette initiative, entièrement gratuite, se distingue par son approche immersive de l’apprentissage sur le métier de l’informatique.

Plusieurs autres entreprises et partenaires contribuent également dans cette voie.

Vers un avenir brillant pour Madagascar

Des initiatives de formations de masses dédiées aux femmes vulnérables sont aussi en cours avec l’appui du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA)   Madagascar. Cela marque une inclusion pour les formations dans le pays.

En investissant massivement dans la formation professionnelle, le gouvernement malgache démontre son engagement envers la jeunesse et l’avenir du pays. Les paroles fortes du président Rajoelina et les actions concrètes du ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle ouvrent la voie à une transformation profonde de Madagascar. Les partenariats publics et privés renforcent cette démarche, offrant aux jeunes des opportunités concrètes pour acquérir des compétences et intégrer le marché du travail. Madagascar, avec ses initiatives novatrices, se prépare à affronter les défis du futur avec des générations formées et compétentes.

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CYNTHIA RAHELINDISA

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