Désignation du nouveau pape : l’Afrique attendra encore

Après deux jours de conclave, les 133 cardinaux catholiques issus de 70 pays ont désigné, le 8 mai, l’Américain Robert Francis Prevost, 69 ans, comme le nouveau pape de l’Église catholique romaine, sous le nom officiel de Léon XIV. L’espoir de voir un Africain succéder à François s’est finalement dissipé. Une fois encore, le continent devra patienter, malgré son rôle croissant dans l’expansion du christianisme à travers le monde.
Le conclave s’était pourtant ouvert sous les projecteurs d’une planète en pleine mutation religieuse. Cette élection suscitait une ferveur particulière sur le continent africain, où l’Église connaît un essor sans précédent. L’Afrique représente aujourd’hui près de 20 % des fidèles du monde et s’affirme comme « le moteur le plus dynamique du catholicisme mondial », rappellent les analystes. L’idée d’un pape africain ne relevait donc pas du fantasme, mais bien d’une ambition nourrie par des statistiques éloquentes sur la montée en puissance du catholicisme africain, comme le rappelait récemment RFI.
Parmi les noms qui circulaient avec insistance, plusieurs cardinaux africains incarnaient cet espoir. Fridolin Ambongo Besungu, archevêque de Kinshasa, réputé pour son franc-parler et son engagement social ; Dieudonné Nzapalainga, cardinal de Bangui, surnommé « le casque bleu du Christ » pour son approche ancrée dans les réalités africaines ; et Robert Sarah, cardinal guinéen, fervent défenseur d’une Église fidèle à ses traditions.
Cependant, les dynamiques géopolitiques qui régissent le Vatican ont une fois encore pesé sur le choix final. Les alliances traditionnelles et le poids des réseaux internes ont relégué, pour l’instant, l’éventualité d’un pape africain au second plan. La politique du Saint-Siège, où les équilibres ancestraux priment encore sur la progression démographique et spirituelle de l’Afrique, a freiné cet espoir, malgré une forte attente populaire.
Ce dénouement rappelle que la transformation des structures de pouvoir au sein de l’Église est un processus lent et complexe. Si l’Afrique devra encore attendre pour voir l’un des siens accéder au sommet de l’Église catholique, l’espérance demeure intacte. La dynamique religieuse du continent et les évolutions géopolitiques pourraient bien, à terme, rebattre les cartes. Reste à savoir si cette attente ne s’étirera pas indéfiniment.
Quant à Léon XIV, premier pape américain de l’histoire, son élection ouvre une nouvelle page pour l’Église catholique. Sa présence active sur les réseaux sociaux avant son pontificat suscite déjà des interrogations. Il s’est notamment exprimé sur des sujets brûlants tels que l’immigration, la peine de mort et la transparence au sein de l’Église. Dans les prochains jours, son programme prévoit la célébration de sa première messe et la réception de l’anneau du pêcheur.
Freddy EYOGUE



