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Pont entre l’Afrique et l’Europe, le Maroc reste une plaque tournante de l’immigration clandestine

De par sa situation géographique, le Maroc est à la fois un pays d’émigration, de transit et d’immigration, avec un flux dépassant les 3 millions de personnes. Zoom sur les schémas d’un point migratoire stratégique en Afrique du Nord.

À quelques pas de la gare routière d’Ouled-Ziane, l’un des quartiers les plus animés de la capitale économique du Maroc, Casablanca, des centaines de migrants vivent dans des tentes ou des baraques entassées les unes sur les autres. Des abris précaires, improvisés pour offrir un minimum de protection contre les aléas de la vie. Les migrants qui y vivent viennent principalement d’Afrique subsaharienne, fuyant la pauvreté, les conflits et l’instabilité dans leurs pays d’origine. Si certains espèrent trouver une voie vers l’Europe, d’autres voient en le Maroc une terre d’accueil où ils envisagent leur avenir. « Au début, l’idée était de passer quelques mois au Maroc, travailler dans l’informel, gagner un peu d’argent, puis aller vers les terres européennes. Aujourd’hui, je suis à ma septième année, je travaille dans l’artisanat, j’arrive à bien tirer mon épingle du jeu », nous confie Ibrahim, originaire du Mali, père de deux enfants. La situation de ce quarantenaire n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, qui sont déterminés à poursuivre leur vie au Royaume.

« Le Maroc n’a jamais été exclusivement un pays de transit, il y a toujours eu des migrants qui choisissaient de s’installer au Royaume pour des raisons économiques, sociales ou politiques. La seule différence, c’est que ces dernières années le Maroc a conçu sa propre politique migratoire, et donc les migrants sont devenus plus visibles », nous explique Hicham Arroud, expert en migration et mobilité humaine. En effet, l’attractivité du Royaume chérifien comme destination d’installation et non pas uniquement de transit trouve racine dans les mesures prises par les pouvoirs publics en faveur d’une gestion migratoire à visage humain basée sur le plein respect des principes des droits de l’Homme et de la lutte contre la discrimination sous toutes ses formes.

Politique volontariste

En 2014, le gouvernement marocain, suivant les orientations du Roi Mohammed VI, a adopté une stratégie nationale dédiée à la migration et à l’asile. Une vision déclinée en quatre objectifs stratégiques : faciliter l’intégration des migrants, en leur facilitant l’accès aux systèmes de santé, d’éducation, de formation et d’enseignement supérieur ; mettre à niveau le cadre réglementaire ; mettre en place un cadre institutionnel adapté ; gérer les flux migratoires dans le respect des droits de l’homme.

La gestion des frontières et le renforcement de la coopération internationale et des partenariats dans ce domaine, font également partie de cette stratégie, qui a complétement changé la donne migratoire dans ce pays nord-africain, principal pont entre l’Afrique et l’Europe, accueillant pas moins de 3,25 millions d’émigrés. Dans ce sillage, un processus exceptionnel de régularisation de la situation des migrants a été lancé, bénéficiant à quelque 50.000 personnes, entre 2014 et 2017.

    Sur le volet scolaire, pas moins de 23.000 élèves migrants ont bénéficié des services scolaires formels, apprend-on du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH). Un guide d’intégration des enfants migrants a également été distribué aux établissements scolaires, sans oublier les différents programmes de cantine et de financement pour garantir l’intégration de ces derniers.    

Si le nombre exact de migrants irréguliers vivant actuellement au pays n’est pas public, le nombre de tentatives de migration illégale contrecarrées depuis 2017 par les autorités dépasse les 360.000 opérations, donnant une idée de l’ampleur de la population en question. Rien qu’en 2023, les éléments des Forces armées royales (FAR) ont intercepté près de 87 000 migrants irréguliers, dont la majorité vient d’Afrique subsaharienne. Car oui, de par sa situation géographique le Maroc est à la fois un pays d’émigration, de transit et d’immigration.

    – 8.100 ressortissants africains ont bénéficié des retours volontaires organisés par le Maroc – 20.000 migrants secourus par la Marine Royale marocaine en 2023 2.384 en 2022 15.000 en 2021 – 1.300 réseaux démantelés au cours des 5 dernières années – 32.733 candidats à l’immigration irrégulière arrêtés – 92 réseaux criminels opérant dans l’organisation d’immigration irrégulière démantelés

Vers une forte migration intra-africaine !

Cependant, la crise économique qui touche de plein fouet les pays occidentaux laisse présager de nouvelles tendances migratoires au niveau continental. Selon Hicham Arroud, « le rêve occidental » n’existe plus depuis des années. Aujourd’hui les populations africaines sont de plus en plus conscientes des richesses du continent noir, et surtout des perspectives prometteuses de certains pays africains. « Ceci ne change en rien la volonté de migrer, car le mouvement est un phénomène humain. Seules les raisons de la migration changent, mais elle va toujours exister », note notre expert, soulignant qu’au niveau continental 70 % de la migration est intra-africaine. Des propos confortés par le dernier rapport de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), qui précise qu’en 2020, environ 21 millions d’Africains vivaient dans un autre pays africain, soit une hausse de 3 millions d’expatriés par rapport à 2015.

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« Ce mouvement migratoire en Afrique, caractéristique majeure de la région, est souvent provoqué par des conflits armés », soulève le rapport, ajoutant qu’en 2022, la République Démocratique du Congo, par exemple, a enregistré plus de 4 millions de déplacés internes tandis que l’Éthiopie comptabilisait plus de 2 millions de déplacés internes, en raison des conflits en cours.

Les facteurs liés au changement climatique ont également contraint des millions d’Africains à quitter leurs pays. « Les déplacements les plus importants dus à des catastrophes ont été enregistrés au Nigeria (environ 2,4 millions), suivi de la Somalie (1,2 million), de l’Éthiopie (873 000) et du Soudan du Sud (596 000) », selon l’organisation onusienne, notant que même au Maroc les importants feux de forêt ont entraîné environ 9500 déplacements dans certaines zones du nord du Maroc.

La sous-région : zone rouge pour les migrants

Cela dit, la migration irrégulière vers, à travers et depuis l’Afrique du Nord reste la caractéristique déterminante de la dynamique migratoire dans la sous-région, de nombreux migrants subissant des violations des droits humains. « L’Afrique du Nord reste un point de départ pour des milliers de migrants qui entreprennent des voyages, principalement le long des routes de la Méditerranée occidentale et centrale », selon l’OIM. Dans toute la sous-région, en particulier dans les pays de transit comme la Libye, des réseaux de trafic bien établis se sont développés au fil des années. En Libye, aux points de départ maritimes vers l’Europe, les passages à tabac, la torture et le travail forcé des migrants ont été bien documentés. Les femmes et les mineurs en particulier courent un risque accru de violence sexiste, en particulier lors de la traversée du désert et dans les zones frontalières. Des milliers de migrants ont également perdu la vie. Selon les données onusiennes, la route de la Méditerranée centrale est la route la plus meurtrière au monde, avec plus de 20.000 migrants morts ou disparus le long de cette route entre 2014 et 2022. Un chiffre déplorable, qui en dit long sur la nécessité de revoir la coopération migratoire entre les différents pays de la région.

Pont entre l’Afrique et l’Europe, le Maroc reste une plaque tournante de l’immigration clandestine

De par sa situation géographique, le Maroc est à la fois un pays d’émigration, de transit et d’immigration, avec un flux dépassant les 3 millions de personnes. Zoom sur les schémas d’un point migratoire stratégique en Afrique du Nord.

À quelques pas de la gare routière d’Ouled-Ziane, l’un des quartiers les plus animés de la capitale économique du Maroc, Casablanca, des centaines de migrants vivent dans des tentes ou des baraques entassées les unes sur les autres. Des abris précaires, improvisés pour offrir un minimum de protection contre les aléas de la vie. Les migrants qui y vivent viennent principalement d’Afrique subsaharienne, fuyant la pauvreté, les conflits et l’instabilité dans leurs pays d’origine. Si certains espèrent trouver une voie vers l’Europe, d’autres voient en le Maroc une terre d’accueil où ils envisagent leur avenir. « Au début, l’idée était de passer quelques mois au Maroc, travailler dans l’informel, gagner un peu d’argent, puis aller vers les terres européennes. Aujourd’hui, je suis à ma septième année, je travaille dans l’artisanat, j’arrive à bien tirer mon épingle du jeu », nous confie Ibrahim, originaire du Mali, père de deux enfants. La situation de ce quarantenaire n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, qui sont déterminés à poursuivre leur vie au Royaume.

« Le Maroc n’a jamais été exclusivement un pays de transit, il y a toujours eu des migrants qui choisissaient de s’installer au Royaume pour des raisons économiques, sociales ou politiques. La seule différence, c’est que ces dernières années le Maroc a conçu sa propre politique migratoire, et donc les migrants sont devenus plus visibles », nous explique Hicham Arroud, expert en migration et mobilité humaine. En effet, l’attractivité du Royaume chérifien comme destination d’installation et non pas uniquement de transit trouve racine dans les mesures prises par les pouvoirs publics en faveur d’une gestion migratoire à visage humain basée sur le plein respect des principes des droits de l’Homme et de la lutte contre la discrimination sous toutes ses formes.

Politique volontariste

En 2014, le gouvernement marocain, suivant les orientations du Roi Mohammed VI, a adopté une stratégie nationale dédiée à la migration et à l’asile. Une vision déclinée en quatre objectifs stratégiques : faciliter l’intégration des migrants, en leur facilitant l’accès aux systèmes de santé, d’éducation, de formation et d’enseignement supérieur ; mettre à niveau le cadre réglementaire ; mettre en place un cadre institutionnel adapté ; gérer les flux migratoires dans le respect des droits de l’homme.

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La gestion des frontières et le renforcement de la coopération internationale et des partenariats dans ce domaine, font également partie de cette stratégie, qui a complétement changé la donne migratoire dans ce pays nord-africain, principal pont entre l’Afrique et l’Europe, accueillant pas moins de 3,25 millions d’émigrés. Dans ce sillage, un processus exceptionnel de régularisation de la situation des migrants a été lancé, bénéficiant à quelque 50.000 personnes, entre 2014 et 2017.

    Sur le volet scolaire, pas moins de 23.000 élèves migrants ont bénéficié des services scolaires formels, apprend-on du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH). Un guide d’intégration des enfants migrants a également été distribué aux établissements scolaires, sans oublier les différents programmes de cantine et de financement pour garantir l’intégration de ces derniers.    

Si le nombre exact de migrants irréguliers vivant actuellement au pays n’est pas public, le nombre de tentatives de migration illégale contrecarrées depuis 2017 par les autorités dépasse les 360.000 opérations, donnant une idée de l’ampleur de la population en question. Rien qu’en 2023, les éléments des Forces armées royales (FAR) ont intercepté près de 87 000 migrants irréguliers, dont la majorité vient d’Afrique subsaharienne. Car oui, de par sa situation géographique le Maroc est à la fois un pays d’émigration, de transit et d’immigration.

    – 8.100 ressortissants africains ont bénéficié des retours volontaires organisés par le Maroc – 20.000 migrants secourus par la Marine Royale marocaine en 2023 2.384 en 2022 15.000 en 2021 – 1.300 réseaux démantelés au cours des 5 dernières années – 32.733 candidats à l’immigration irrégulière arrêtés – 92 réseaux criminels opérant dans l’organisation d’immigration irrégulière démantelés

Vers une forte migration intra-africaine !

Cependant, la crise économique qui touche de plein fouet les pays occidentaux laisse présager de nouvelles tendances migratoires au niveau continental. Selon Hicham Arroud, « le rêve occidental » n’existe plus depuis des années. Aujourd’hui les populations africaines sont de plus en plus conscientes des richesses du continent noir, et surtout des perspectives prometteuses de certains pays africains. « Ceci ne change en rien la volonté de migrer, car le mouvement est un phénomène humain. Seules les raisons de la migration changent, mais elle va toujours exister », note notre expert, soulignant qu’au niveau continental 70 % de la migration est intra-africaine. Des propos confortés par le dernier rapport de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), qui précise qu’en 2020, environ 21 millions d’Africains vivaient dans un autre pays africain, soit une hausse de 3 millions d’expatriés par rapport à 2015.

« Ce mouvement migratoire en Afrique, caractéristique majeure de la région, est souvent provoqué par des conflits armés », soulève le rapport, ajoutant qu’en 2022, la République Démocratique du Congo, par exemple, a enregistré plus de 4 millions de déplacés internes tandis que l’Éthiopie comptabilisait plus de 2 millions de déplacés internes, en raison des conflits en cours.

Les facteurs liés au changement climatique ont également contraint des millions d’Africains à quitter leurs pays. « Les déplacements les plus importants dus à des catastrophes ont été enregistrés au Nigeria (environ 2,4 millions), suivi de la Somalie (1,2 million), de l’Éthiopie (873 000) et du Soudan du Sud (596 000) », selon l’organisation onusienne, notant que même au Maroc les importants feux de forêt ont entraîné environ 9500 déplacements dans certaines zones du nord du Maroc.

La sous-région : zone rouge pour les migrants

Cela dit, la migration irrégulière vers, à travers et depuis l’Afrique du Nord reste la caractéristique déterminante de la dynamique migratoire dans la sous-région, de nombreux migrants subissant des violations des droits humains. « L’Afrique du Nord reste un point de départ pour des milliers de migrants qui entreprennent des voyages, principalement le long des routes de la Méditerranée occidentale et centrale », selon l’OIM. Dans toute la sous-région, en particulier dans les pays de transit comme la Libye, des réseaux de trafic bien établis se sont développés au fil des années. En Libye, aux points de départ maritimes vers l’Europe, les passages à tabac, la torture et le travail forcé des migrants ont été bien documentés. Les femmes et les mineurs en particulier courent un risque accru de violence sexiste, en particulier lors de la traversée du désert et dans les zones frontalières. Des milliers de migrants ont également perdu la vie. Selon les données onusiennes, la route de la Méditerranée centrale est la route la plus meurtrière au monde, avec plus de 20.000 migrants morts ou disparus le long de cette route entre 2014 et 2022. Un chiffre déplorable, qui en dit long sur la nécessité de revoir la coopération migratoire entre les différents pays de la région.

De par sa situation géographique, le Maroc est à la fois un pays d’émigration, de transit et d’immigration, avec un flux dépassant les 3 millions de personnes. Zoom sur les schémas d’un point migratoire stratégique en Afrique du Nord.

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À quelques pas de la gare routière d’Ouled-Ziane, l’un des quartiers les plus animés de la capitale économique du Maroc, Casablanca, des centaines de migrants vivent dans des tentes ou des baraques entassées les unes sur les autres. Des abris précaires, improvisés pour offrir un minimum de protection contre les aléas de la vie. Les migrants qui y vivent viennent principalement d’Afrique subsaharienne, fuyant la pauvreté, les conflits et l’instabilité dans leurs pays d’origine. Si certains espèrent trouver une voie vers l’Europe, d’autres voient en le Maroc une terre d’accueil où ils envisagent leur avenir. « Au début, l’idée était de passer quelques mois au Maroc, travailler dans l’informel, gagner un peu d’argent, puis aller vers les terres européennes. Aujourd’hui, je suis à ma septième année, je travaille dans l’artisanat, j’arrive à bien tirer mon épingle du jeu », nous confie Ibrahim, originaire du Mali, père de deux enfants. La situation de ce quarantenaire n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, qui sont déterminés à poursuivre leur vie au Royaume.

« Le Maroc n’a jamais été exclusivement un pays de transit, il y a toujours eu des migrants qui choisissaient de s’installer au Royaume pour des raisons économiques, sociales ou politiques. La seule différence, c’est que ces dernières années le Maroc a conçu sa propre politique migratoire, et donc les migrants sont devenus plus visibles », nous explique Hicham Arroud, expert en migration et mobilité humaine. En effet, l’attractivité du Royaume chérifien comme destination d’installation et non pas uniquement de transit trouve racine dans les mesures prises par les pouvoirs publics en faveur d’une gestion migratoire à visage humain basée sur le plein respect des principes des droits de l’Homme et de la lutte contre la discrimination sous toutes ses formes.

Politique volontariste

En 2014, le gouvernement marocain, suivant les orientations du Roi Mohammed VI, a adopté une stratégie nationale dédiée à la migration et à l’asile. Une vision déclinée en quatre objectifs stratégiques : faciliter l’intégration des migrants, en leur facilitant l’accès aux systèmes de santé, d’éducation, de formation et d’enseignement supérieur ; mettre à niveau le cadre réglementaire ; mettre en place un cadre institutionnel adapté ; gérer les flux migratoires dans le respect des droits de l’homme.

La gestion des frontières et le renforcement de la coopération internationale et des partenariats dans ce domaine, font également partie de cette stratégie, qui a complétement changé la donne migratoire dans ce pays nord-africain, principal pont entre l’Afrique et l’Europe, accueillant pas moins de 3,25 millions d’émigrés. Dans ce sillage, un processus exceptionnel de régularisation de la situation des migrants a été lancé, bénéficiant à quelque 50.000 personnes, entre 2014 et 2017.

    Sur le volet scolaire, pas moins de 23.000 élèves migrants ont bénéficié des services scolaires formels, apprend-on du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH). Un guide d’intégration des enfants migrants a également été distribué aux établissements scolaires, sans oublier les différents programmes de cantine et de financement pour garantir l’intégration de ces derniers.    

Si le nombre exact de migrants irréguliers vivant actuellement au pays n’est pas public, le nombre de tentatives de migration illégale contrecarrées depuis 2017 par les autorités dépasse les 360.000 opérations, donnant une idée de l’ampleur de la population en question. Rien qu’en 2023, les éléments des Forces armées royales (FAR) ont intercepté près de 87 000 migrants irréguliers, dont la majorité vient d’Afrique subsaharienne. Car oui, de par sa situation géographique le Maroc est à la fois un pays d’émigration, de transit et d’immigration.

    – 8.100 ressortissants africains ont bénéficié des retours volontaires organisés par le Maroc – 20.000 migrants secourus par la Marine Royale marocaine en 2023 2.384 en 2022 15.000 en 2021 – 1.300 réseaux démantelés au cours des 5 dernières années – 32.733 candidats à l’immigration irrégulière arrêtés – 92 réseaux criminels opérant dans l’organisation d’immigration irrégulière démantelés

Vers une forte migration intra-africaine !

Cependant, la crise économique qui touche de plein fouet les pays occidentaux laisse présager de nouvelles tendances migratoires au niveau continental. Selon Hicham Arroud, « le rêve occidental » n’existe plus depuis des années. Aujourd’hui les populations africaines sont de plus en plus conscientes des richesses du continent noir, et surtout des perspectives prometteuses de certains pays africains. « Ceci ne change en rien la volonté de migrer, car le mouvement est un phénomène humain. Seules les raisons de la migration changent, mais elle va toujours exister », note notre expert, soulignant qu’au niveau continental 70 % de la migration est intra-africaine. Des propos confortés par le dernier rapport de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), qui précise qu’en 2020, environ 21 millions d’Africains vivaient dans un autre pays africain, soit une hausse de 3 millions d’expatriés par rapport à 2015.

« Ce mouvement migratoire en Afrique, caractéristique majeure de la région, est souvent provoqué par des conflits armés », soulève le rapport, ajoutant qu’en 2022, la République Démocratique du Congo, par exemple, a enregistré plus de 4 millions de déplacés internes tandis que l’Éthiopie comptabilisait plus de 2 millions de déplacés internes, en raison des conflits en cours.

Les facteurs liés au changement climatique ont également contraint des millions d’Africains à quitter leurs pays. « Les déplacements les plus importants dus à des catastrophes ont été enregistrés au Nigeria (environ 2,4 millions), suivi de la Somalie (1,2 million), de l’Éthiopie (873 000) et du Soudan du Sud (596 000) », selon l’organisation onusienne, notant que même au Maroc les importants feux de forêt ont entraîné environ 9500 déplacements dans certaines zones du nord du Maroc.

La sous-région : zone rouge pour les migrants

Cela dit, la migration irrégulière vers, à travers et depuis l’Afrique du Nord reste la caractéristique déterminante de la dynamique migratoire dans la sous-région, de nombreux migrants subissant des violations des droits humains. « L’Afrique du Nord reste un point de départ pour des milliers de migrants qui entreprennent des voyages, principalement le long des routes de la Méditerranée occidentale et centrale », selon l’OIM. Dans toute la sous-région, en particulier dans les pays de transit comme la Libye, des réseaux de trafic bien établis se sont développés au fil des années. En Libye, aux points de départ maritimes vers l’Europe, les passages à tabac, la torture et le travail forcé des migrants ont été bien documentés. Les femmes et les mineurs en particulier courent un risque accru de violence sexiste, en particulier lors de la traversée du désert et dans les zones frontalières. Des milliers de migrants ont également perdu la vie. Selon les données onusiennes, la route de la Méditerranée centrale est la route la plus meurtrière au monde, avec plus de 20.000 migrants morts ou disparus le long de cette route entre 2014 et 2022. Un chiffre déplorable, qui en dit long sur la nécessité de revoir la coopération migratoire entre les différents pays de la région.

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