Vols intercontinentaux : le Gabon, champion des taxes en Afrique

Un rapport de l’Association des Compagnies Aériennes Africaines (AFRAA), publié le 25 juillet 2025, sonne l’alarme sur le poids excessif des taxes et redevances aériennes en Afrique. Cette étude révèle que le Gabon et la Sierra Leone imposent les charges les plus élevées sur les vols intercontinentaux, dépassant les 290 dollars (174 000 FCFA) par passager.
L’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale dominent le classement des pays aux taxes les plus chères. Le Gabon est en tête avec 297,7 dollars, suivi de près par la Sierra Leone (294 dollars) et le Nigeria (180 dollars). Le top 10 des pays les plus taxeurs affiche des charges dépassant systématiquement les 100 dollars, soit près du triple de la moyenne continentale (68 dollars).
Ces taxes, qui incluent carburant, sécurité et redevances passagers, sont jugées déconnectées des coûts réels des services et servent souvent à combler les déficits budgétaires nationaux, contrairement aux principes de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (ICAO). Cela rend les billets plus chers, réduit la demande et freine la connectivité.
À l’opposé, l’Afrique du Nord et Australe affichent les taxes les plus compétitives. La Libye est la moins chère avec seulement 1,3 dollar, suivie par le Malawi (5 dollars) et le Lesotho (5,7 dollars). Ces régions, comme le Maroc ou l’Algérie, prouvent qu’une forte connectivité peut s’accompagner de charges modérées, respectant mieux les principes de l’ICAO.
Cette disparité fiscale mine la compétitivité collective du continent. L’aviation africaine, qui soutient 8,1 millions d’emplois et contribue à 75 milliards de dollars au PIB, reste structurellement déficitaire en partie à cause de ces charges exorbitantes. L’AFRAA appelle à une réforme fiscale urgente, alignée sur les principes de l’ICAO, pour que l’aviation ne reste pas un luxe et puisse pleinement réaliser son potentiel économique en Afrique.
Marcelle NTONGONO

