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‎Soudan du Sud : L’ancien vice-président Riek Machar inculpé pour «terrorisme et trahison»

Le vice-président sud-soudanais, Riek Machar, a été officiellement inculpé pour « terrorisme, trahison, meurtre et crimes contre l’humanité », selon un communiqué publié ce jeudi 11 septembre par le ministère de la Justice du Soudan du Sud.



‎Ces accusations font suite à une attaque survenue en mars dernier contre une base militaire dans le nord du pays, qui aurait causé la mort de plus de 250 soldats, d’un major général sud-soudanais et d’un membre du personnel des Nations-unies.


‎Un décret présidentiel, rendu public le même jour, a destitué Riek Machar de ses fonctions gouvernementales, ainsi que le ministre du Pétrole. Le texte affirme que « ceux qui commettent des atrocités contre le peuple, l’armée ou le personnel humanitaire devront rendre des comptes, quelle que soit leur position politique ». Le ministère a également précisé que les procédures judiciaires en cours « ne peuvent faire l’objet de débats diplomatiques ».


‎Riek Machar, figure historique de l’opposition et rival de longue date du président Salva Kiir, était placé en résidence surveillée depuis six mois. Son inculpation intervient dans un climat de fortes tensions politiques, marquées par des affrontements répétés entre factions loyalistes et partisans de Machar dans plusieurs régions.


‎Le Soudan du Sud, indépendant depuis 2011, a plongé dans une guerre civile de 2013 à 2018, opposant principalement les forces de Kiir à celles de Machar. Sous pression internationale, un accord de paix avait été signé en 2018, conduisant à la formation d’un gouvernement d’union nationale en 2020. Toutefois, les dissensions entre les deux dirigeants n’ont cessé de miner la stabilité du pays.



‎Dès le mois de mai, plusieurs ambassades accréditées à Juba avaient appelé à la libération de Riek Machar et exhorté les autorités à privilégier le dialogue plutôt que la violence. Cette inculpation soulève aujourd’hui de vives inquiétudes au sein de la communauté internationale, qui redoute une escalade des violences et une possible résurgence du conflit armé.



‎La judiciarisation du différend politique entre les deux principaux dirigeants du pays interroge quant à l’avenir de la transition et la pérennité des accords de paix. Si les autorités affirment agir dans le cadre de l’état de droit, beaucoup craignent que cette inculpation ne soit perçue comme une manœuvre d’élimination politique.



‎Roger BIÈRE 

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