Éducation

Sénégal : 500 enseignants en plus pour revitaliser les universités

Le Sénégal s’apprête à lancer un recrutement sans précédent dans ses universités, avec l’embauche de 500 nouveaux enseignants-chercheurs dans les mois à venir. Ce chiffre est d’autant plus significatif qu’il surpasse le total des 410 recrutements effectués au cours des dix dernières années, marquant un tournant décisif pour pallier le sous-effectif chronique qui afflige l’Enseignement supérieur du pays.
‎Le manque d’enseignants-chercheurs est une réalité palpable dans les huit universités publiques sénégalaises, avec une acuité particulière dans les régions éloignées. Cette situation précaire a des répercussions directes sur le calendrier universitaire, qui se trouve perturbé chaque année, affectant ainsi le bon déroulement des cursus étudiants.
‎Toutes les disciplines sont touchées, mais le déficit est particulièrement criant dans les filières orphelines. Des domaines d’avenir comme l’intelligence artificielle, la cybersécurité, le nucléaire civil et le spatial souffrent d’un manque criant d’encadrement. Pourtant, comme le souligne Ababacar Gueye, directeur de cabinet au ministère de l’Enseignement supérieur, ces secteurs sont considérés comme porteurs et pourraient façonner l’avenir économique du pays. Dans le domaine spatial, on doit travailler avec l’université de Montpellier, on pourrait avoir des ingénieurs ici et fabriquer des satellites ici, a-t-il précisé.
‎Pour combler ce manque, le ministère de l’Enseignement supérieur compte également séduire la diaspora scientifique, l’invitant à contribuer au développement national. Une fois les quotas par filière définis, chaque université engagera ses propres procédures de recrutement.
‎Le Syndicat Autonome de l’Enseignement Supérieur (SAES) a accueilli cette annonce comme une bonne nouvelle. Cependant, il insiste sur la nécessité d’un recrutement continu dans les années à venir. Le SAES estime en effet que les besoins réels se chiffrent à environ 1 500 postes à pourvoir, un chiffre qui pourrait augmenter significativement avec les départs à la retraite prévus.
‎L’initiative sénégalaise, qui est déjà un pas en soit, a d’ailleurs  de quoi inspirer d’autres nations africaines, confrontées aux mêmes problématiques.

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Marcelle NTONGONO

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