Santé

Rwanda : l’âge d’accès à la contraception abaissé de 18 à 15 ans

Le Rwanda a adopté une réforme majeure en matière de santé reproductive en abaissant, par décret présidentiel, l’âge légal d’accès à la contraception de 18 à 15 ans. Cette décision, annoncée ce mercredi 6 août par le ministère de la Santé, vise à lutter contre les grossesses précoces et à améliorer l’accès des adolescentes aux méthodes contraceptives. Une mesure qui suscite autant d’espoirs que de débats dans un pays où la question reste sensible. 


‎Une réponse aux statistiques alarmantes


‎Selon les données officielles du gouvernement rwandais, près de 17 % des adolescentes de 15 à 19 ans ont déjà été enceintes, un chiffre en légère hausse depuis 2020. Les grossesses non désirées, souvent liées à un manque d’information et à des difficultés d’accès aux moyens contraceptifs, entraînent fréquemment des abandons scolaires et des risques sanitaires accrus. 


‎Le Dr Sabin Nsanzimana, ministre de la Santé, a justifié cette réforme en soulignant qu’elle permettrait « une meilleure prévention, dans le respect des droits des jeunes ». Désormais, les adolescentes pourront obtenir gratuitement des contraceptifs (préservatifs, pilules, implants) dans les centres de santé agréés, sans autorisation parentale. 


Un équilibre entre santé publique et conservatismes

‎Si cette mesure est saluée par les organisations internationales comme l’ONU Femmes et MSF, qui y voient une avancée pour les droits des jeunes filles, elle rencontre aussi des résistances. Certaines associations religieuses et groupes conservateurs estiment qu’elle pourrait « encourager les relations sexuelles précoces ». 

Le gouvernement rwandais, pourtant habitué aux réformes progressistes, a tenu à rassurer : « L’objectif n’est pas de promouvoir l’activité sexuelle chez les adolescents, mais de réduire les risques liés aux grossesses non planifiées et aux infections sexuellement transmissibles », a précisé la porte-parole du ministère de la Santé. 

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‎Le Rwanda rejoint ainsi une poignée de pays africains, comme l’Afrique du Sud et le Botswana, ayant assoupli leurs lois sur la contraception pour les mineurs. L’OMS avait déjà recommandé une telle approche, arguant que les restrictions légales aggravaient souvent les situations à risque. 


‎Roger BIÈRE
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