Mali : les basketteuses U19 exclues du Mondial en raison d’un refus de visas

Alors que la sélection féminine U19 du Mali s’était brillamment qualifiée pour la Coupe du monde après son sacre au Championnat d’Afrique 2024, elle ne foulera finalement pas les parquets du Mondial prévu en République tchèque. Les autorités locales ont refusé d’accorder les visas nécessaires à la délégation malienne, suscitant une vive réaction des instances sportives et gouvernementales du pays.
Selon le communiqué du ministère de la Jeunesse et des Sports, toutes les démarches avaient pourtant été scrupuleusement respectées : les demandes de visas ont été déposées en temps utile auprès de l’ambassade tchèque à Dakar, puis auprès de l’ambassade d’Espagne à Bamako, chargée du traitement des demandes Schengen..Malgré cela, l’ensemble de la délégation malienne s’est vue refuser l’accès au territoire tchèque.
Riposte diplomatique et sportive
Face à cette décision jugée injustifiée, le ministre Abdoul Kassim Ibrahim Fomba l’a qualifiée de « manœuvre inédite de perfidie », dénonçant un acte préjudiciable non seulement au Mali, mais à tout le basket africain. En réponse, le gouvernement malien a décidé d’agir sur deux fronts : sur le plan sportif, la Fédération malienne de basket-ball a saisi la FIBA ; sur le plan diplomatique, le ministère des Affaires étrangères a engagé une protestation officielle auprès des autorités tchèques, invoquant une atteinte aux principes de coopération internationale.
Au-delà du cas malien, cet épisode met en lumière les entraves persistantes auxquelles sont confrontées les délégations africaines dans l’accès aux grandes compétitions sportives internationales. Ce n’est pas une première : de nombreuses équipes du continent font face à des obstacles administratifs qui compromettent leur participation.
Malgré cette exclusion, les autorités maliennes ont réaffirmé leur soutien indéfectible aux jeunes basketteuses, les appelant à poursuivre leur engagement et à continuer d’honorer les couleurs nationales. Reste à savoir si cette mobilisation permettra d’éviter, à l’avenir, ce type de dysfonctionnement préjudiciable au sport mondial.
Roger BIÈRE



