Environnement

Les descendants d’esclaves Africains,  gardiens méconnus de l’Amazonie

Au-delà des peuples autochtones, une autre communauté joue un rôle vital mais sous-estimé dans la protection de l’Amazonie : les descendants d’esclaves africains ayant fui les plantations coloniales. Une étude scientifique, publiée dans la revue «Nature»,  ce 22 juillet 2025, révèle que leurs pratiques agricoles ancestrales, héritées d’Afrique, protègent la biodiversité et aident à atténuer le réchauffement climatique.

‎Ces communautés, connues sous les noms de Mocambos, Quilombos (Brésil), Palenques (Colombie), ou Marrons (Suriname), vivent en harmonie avec la forêt depuis des siècles. Elles ont adapté leurs forêts alimentaires — des systèmes complexes où la forêt est aménagée pour produire fruits, légumes et plantes médicinales — et des techniques d’agriculture d’évasion pour survivre et préserver leur environnement.

‎L’étude montre que la déforestation est 29% à 55% plus faible dans les terres de ces afro descendants comparé à des zones similaires. Leurs territoires sont de meilleurs puits de carbone et comptent parmi les 5% les plus riches en biodiversité mondiale, abritant près de la moitié des espèces de vertébrés menacées de la région.

Malgré leur contribution environnementale majeure, ces peuples, qui représentent 130 millions de personnes en Amérique latine, manquent de reconnaissance et ne possèdent que moins de 1% des terres qu’ils habitent. Face aux menaces (urbanisation, exploitation illégale, monocultures), la reconnaissance de leurs droits est essentielle non seulement pour la justice, mais aussi pour l’avenir de l’Amazonie et la lutte contre le changement climatique.

‎Les chercheurs et les défenseurs des droits humains soulignent l’importance de donner une plus grande visibilité aux afro descendants dans les instances internationales où se prennent des décisions politiques cruciales et où les aides financières sont attribuées. La reconnaissance de l’importance de leurs savoirs lors de la COP16 Biodiversité à Cali en 2024 était un pas en avant significatif. Un autre pas pourrait être leur prise en compte à la COP30 qui se tiendra prochainement à Belém, au Brésil, aux portes de l’Amazonie.
‎Cette reconnaissance ouvrirait la voie à une participation accrue des peuples afro descendants à la gouvernance mondiale de la biodiversité.

‎Alors que le monde élabore des stratégies pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, les pratiques de ces communautés peuvent être une solution efficace contre le changement climatique, notamment dans les pays d’Amérique latine dotés de vastes forêts tropicales.


‎Marcelle NTONGONO 

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