Kenya : Nairobi instaure un congé menstruel pour les femmes

Le gouvernement du comté de Nairobi a adopté une politique de congé menstruel pour les employées, une mesure inédite qui vise à améliorer leurs conditions de travail mais qui suscite des débats sur ses conséquences pour l’emploi féminin.
Instauré par décret et applicable sans formalité administrative, ce congé payé de deux jours s’ajoute aux droits existants (congés annuels et maladie). Les premières évaluations internes font état d’un accueil favorable parmi le personnel féminin, avec un impact positif constaté sur la productivité au retour des bénéficiaires.
Cette initiative répond à une problématique de santé publique largement documentée par les professionnels de santé. Les douleurs menstruelles sévères, qui toucheraient environ la moitié des patientes selon une gynécologue basée à Nairobi, peuvent se manifester par des vomissements, des migraines incapacitantes ou des troubles digestifs, rendant le travail difficile voire impossible sans traitement antalgique puissant.
Toutefois, la mise en œuvre de cette politique se heurte à des obstacles culturels. Malgré la simplification des démarches, certaines employées répugnent à révéler la nature de leur absence à leur supérieur hiérarchique, par crainte d’un regard stigmatisant. Par ailleurs, des voix s’élèvent dans le secteur privé pour alerter sur un risque de discrimination : ce congé spécifique pourrait inciter les employeurs à favoriser l’embauche masculine pour contourner ces absences, bien qu’aucune donnée ne permette encore d’étayer cette crainte.
Roger BIÈRE