Guinée équatoriale : Baltasar Ebang Engonga condamné à huit ans de prison

Baltasar Ebang Engonga, ancien directeur général de l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF) et neveu du président Teodoro Obiang Nguema, a été condamné ce mardi à huit ans d’emprisonnement par le tribunal provincial de Bioko. La justice l’a reconnu coupable d’enrichissement illicite, d’abus de fonction et de malversations financières.
Cinq autres hauts fonctionnaires du ministère des Finances ont également été condamnés à des peines similaires dans cette affaire de détournement de fonds publics.
Selon les éléments divulgués lors du procès, les prévenus sont accusés d’avoir détourné plusieurs centaines de milliers de dollars initialement destinés à des missions officielles et frais de déplacement professionnels. Ces fonds ont été utilisés à des fins personnelles.
Parmi les coaccusés figurent notamment Ireneo Mangue Monsuy Afana et Rubén Félix Osá Nzang, tous directeurs généraux au sein de l’administration financière équato-guinéenne.
Outre leur peine d’emprisonnement, les condamnés ont écopé d’amendes substantielles. Baltasar Ebang Engonga a été condamné au paiement d’une amende de 220 000 dollars, tandis que ses complices devront s’acquitter de sommes variant entre 16 et 31 millions de francs CFA.
Le tribunal a en outre ordonné la restitution intégrale des sommes détournées au Trésor public, afin de compenser le préjudice subi par l’État.
Un scandale aux multiples ramifications
Cette condamnation intervient près d’un an après la diffusion sur les réseaux sociaux de plus de 400 vidéos intimes montrant Baltasar Ebang Engonga en compagnie de diverses femmes, dont des épouses de responsables politiques et des personnalités influentes.
Bien que l’adultère ne soit pas incriminé par la loi en Guinée équatoriale, ces fuites avaient provoqué sa suspension et ouvert la voie à une enquête pour corruption, débouchant sur les poursuites dont il vient de faire l’objet.
Cette décision de justice est perçue comme un message adressé aux élites politiques et administratives du pays. Elle s’inscrit dans un contexte où les pressions internationales et citoyennes pour plus de transparence financière et de redevabilité se renforcent.
Reste à observer si cette condamnation marquera un tournant durable dans la gouvernance économique du pays, souvent critiquée pour son opacité et sa concentration des richesses.
Roger BIÈRE



