Gabon : Menace de grève à la CNAMGS, risque sur les assurances maladies
La tension est montée d’un cran dans le secteur de la protection sociale au Gabon. Le Syndicat National des Professionnels de la Santé (SYNAPS) a récemment annoncé son intention de déclencher une « grève illimitée » au sein de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de Garantie Sociale (CNAMGS), en charge notamment des assurances maladies
Les sources consultées révèlent que ce mouvement social potentiel fait suite à l’échec répété des négociations entre la direction de la CNAMGS et les représentants syndicaux. En premier lieu, le SYNAPS, dans un communiqué officiel dénonce « une gestion calamiteuse des ressources humaines ». Par ailleurs, les syndicalistes pointent du doigt « le non-respect systématique des engagements pris ».
Plus précisément, trois éléments majeurs alimentent le mécontentement. D’abord, le retard persistant dans le paiement des salaires et des primes. L’absence de mise en œuvre des accords salariaux conclus en 2023 vient amplifier la colère des agents. Enfin, les conditions de travail jugées « indignes » dans plusieurs antennes régionales complètent ce tableau de revendications.
Une situation à haut risque social
L’analyse des différentes publications montre que cette crise s’inscrit dans un contexte plus large de tensions dans le secteur de la santé publique au Gabon, tant plusieurs hôpitaux publics couvent des grognes similaires.
»Dans la mesure où nous avons épuisé toutes les voies de dialogue, la grève devient notre ultime recours pour faire entendre raison à une administration sourde à nos légitimes revendications », a fait avoir un leader syndical.
Une telle grève pourrait avoir des risques majeurs pour les assurés sociaux, allant de la non prise en charge des patients aux retards dans le traitement des dossiers, en passant par le ralentissement des remboursements. En outre, une possible perturbation des services d’urgence dans les structures partenaires pourrait survenir.
Un médecin hospitalier alerte : « Quand la CNAMGS tousse, ce sont les patients les plus vulnérables qui en payent le prix fort. »
Les réponses institutionnelles
Quant à la direction de la CNAMGS, si elle reconnaît « des difficultés structurelles » qui compliquent la résolution rapide du conflit, elle dit travailler à « trouver des solutions dans le cadre du dialogue social. »
Alors que le SYNAPS envisage également une action en justice, nombre d’observateurs appellent à une médiation gouvernementale pour désamorcer la crise.
Roger BIERE



