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Fès : la 7ᵉ session du Conseil supérieur de la Fondation Mohammed VI des Oulémas africains place l’Afrique au cœur des priorités spirituelles

Fès : la 7ᵉ session du Conseil supérieur de la Fondation Mohammed VI des Oulémas africains place l’Afrique au cœur des priorités spirituelles

Sous la Haute approbation de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Amir Al-Mouminine, la Fondation Mohammed VI des Oulémas africains tient à Fès, du 4 au 6 décembre 2025, la 7ᵉ session de son Conseil supérieur, avec la participation de représentants de 48 pays africains.

La capitale spirituelle du Royaume accueille, pendant trois jours, l’une des plus importantes rencontres du calendrier religieux et scientifique africain. La 7ᵉ session ordinaire du Conseil supérieur de la Fondation Mohammed VI des Oulémas africains se tient en effet à Fès, avec la participation d’environ 300 membres, dont 60 Alimate (femmes savantes), ainsi que 17 oulémas marocains membres du Conseil supérieur.

Placée sous la présidence de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Amir Al-Mouminine, à travers la Haute approbation royale, cette session s’inscrit dans la continuité d’un chantier de fond qui consiste à consolider les constantes religieuses communes, diffuser un islam du juste milieu et renforcer la coopération spirituelle entre le Maroc et les pays africains frères.

Trois axes majeurs au cœur des travaux

Les travaux de cette 7ᵉ session s’articulent autour de trois grands axes.

Le premier porte sur la révision et la mise à jour du plan de consolidation de la mission de transmission (Tabligh) au niveau des différentes sections de la Fondation. Il s’agit de renforcer la présence des oulémas sur le terrain, de mieux accompagner les communautés et de consolider les constantes religieuses communes, fondées sur la modération, l’équilibre et le refus de toute forme d’extrémisme.

Le deuxième axe est consacré à l’élaboration d’une vision globale et de programmes détaillés pour la commémoration du quinzième centenaire de la naissance du Prophète Sidna Mohammed (paix et salut sur Lui). Conformément au Message Royal, cette commémoration devra être à la hauteur du rang éminent du Prophète, promouvoir la connaissance de ses nobles qualités, revisiter sa vie et ses vertus, et mettre en lumière le rôle des oulémas dans la transmission de cet héritage à travers le continent.

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Le troisième axe concerne les moyens de renforcer la mise en œuvre des programmes annuels permanents de la Fondation dans ses 48 sections. Il englobe la gouvernance et la gestion, l’organisation de rencontres et colloques scientifiques, les concours religieux, les actions de solidarité et les programmes de communication destinés à garantir la continuité du rayonnement spirituel et scientifique de la Fondation en Afrique.

Un programme ouvert par l’allocution d’orientation du ministre des Habous

La séance d’ouverture, introduite par une récitation de versets du Saint Coran et la projection d’un film institutionnel, a été marquée par l’allocution d’orientation de M. Ahmed Toufiq, ministre des Habous et des Affaires islamiques, président délégué de la Fondation.

Il a rappelé le rôle historique du Maroc comme pôle spirituel et scientifique au service de l’Afrique, ancré dans la référence malikite, ash’arite et soufie, et réaffirmé la volonté de Sa Majesté le Roi Mohammed VI de faire de la coopération religieuse un levier de stabilité, de paix et de cohésion sociale.

Cette vision, a-t-il souligné, se traduit par la mise à disposition de l’expertise marocaine dans la formation des imams, mourchidines et mourchidates, l’accompagnement des institutions religieuses africaines et la prévention des dérives idéologiques.

La voix de l’Afrique : un plaidoyer pour un islam vécu au quotidien

Au nom des sections africaines, Cheikh Abdelkarim Dioubate, président de la section de Guinée, a exprimé la reconnaissance des oulémas du continent à l’égard du Royaume du Maroc et de la Fondation.

Il a salué une coopération « fondée sur la spiritualité, l’éthique et la transmission des valeurs religieuses authentiques », tout en insistant sur le caractère concret des actions menées : séminaires, cercles de formation, programmes audiovisuels, initiatives de proximité avec les familles et les jeunes.

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Le Secrétaire général de la Fondation, Dr Sidi Mohammed Rifki, est revenu, en marge de la cérémonie, sur l’esprit général du programme. Selon lui, la priorité n’est plus seulement de multiplier les discours théologiques, mais d’assurer aux musulmans un accès réel aux fondamentaux de leur religion.

« On parle des dogmes depuis treize siècles, mais la situation des musulmans reste la même. Le véritable défi aujourd’hui est de donner aux fidèles les moyens de comprendre, de vivre et d’incarner ces enseignements », a-t-il indiqué en substance.

Pour lui, un musulman doit être « honnête, correct, ouvert, généreux », et si la prière ne conduit pas à la droiture, « elle perd son sens ». D’où la volonté de la Fondation de rester proche des réalités du terrain, de s’intéresser aux problèmes concrets des populations et de renforcer la solidarité et la coopération entre les communautés.

Un bilan riche pour 2025 et des projets structurants pour 2026

Devant le Conseil supérieur, Dr Sidi Mohammed Rifki a présenté le rapport moral 2024, le bilan 2025 et les projets structurants pour 2026.

Pour l’année 2025, il a rappelé que les actions de la Fondation se sont déployées autour de huit grandes catégories : activités officielles, activités sociales et de solidarité, compétitions religieuses (Coran et Hadith), colloques et séminaires scientifiques, publications et productions pédagogiques, communication digitale, missions internationales et renforcement des capacités administratives.

Les compétitions religieuses occupent une place centrale : la 6ᵉ édition du concours de mémorisation, de récitation et de psalmodie du Saint Coran, la 2ᵉ édition du concours du Hadith Nabawi Acharif, ainsi que les prix dédiés aux manuscrits islamiques africains et aux constantes religieuses communes. Au total, 58 lauréats et lauréates seront honorés cette année.

Pour 2026, plusieurs projets majeurs ont été annoncés, notamment :

un grand congrès à Marrakech consacré à la Fatwa en Afrique et aux nouveaux défis, dont la relation entre fatwa et intelligence artificielle ; un programme africain d’éducation religieuse inspiré de l’expérience marocaine, structuré de la préscolarisation jusqu’à l’université ; un programme renforcé de formation des imams et des mourchidates, avec un objectif de 120 bénéficiaires (80 imams et 40 prédicatrices) sur un cycle de trois ans ; la poursuite des activités du Mawlid à l’échelle continentale ; et le développement de la communication digitale, avec l’intégration progressive des outils d’intelligence artificielle pour la gestion de l’information.

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Former imams et murshidates : un impératif pour la sécurité spirituelle

Parmi les chantiers prioritaires soulignés par le Secrétaire général figure la mise à niveau des imams et des prédicatrices. Sur les 48 sections de la Fondation, seules 11 ont déjà bénéficié de formations au Maroc. Un effort particulier sera donc consacré aux 37 sections restantes, notamment dans les pays où les musulmans sont minoritaires ou disposent de moyens limités.

La formation s’étend sur trois ans, avec un tronc commun sur les fondamentaux, puis une spécialisation et, pour les meilleurs, un accès au niveau de ouléma. Les murshidates occupent une place centrale dans ce dispositif : « Éduquer la femme, lui donner les moyens d’exercer pleinement son rôle dans la transmission religieuse, c’est fondamental », a souligné Dr Rifki.

Un communiqué final attendu

À l’issue de la session, un communiqué final viendra synthétiser les travaux, les recommandations et les orientations générales arrêtées pour l’année à venir. Il s’inscrira dans une perspective déjà claire : renforcer la présence de la Fondation sur le continent, consolider sa mission au service de l’islam du juste milieu et contribuer à la sécurité spirituelle des sociétés africaines.

À Fès, durant ces trois jours, c’est donc bien l’Afrique spirituelle qui se donne rendez-vous, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Amir Al-Mouminine, pour penser l’avenir du champ religieux à l’échelle du continent.

Marianne IWANI

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