Energie

Énergie en Afrique : Un déficit important à combler

Les travaux tenus récemment au Caire, à l’occasion de la Foire commerciale intra-africaine, ont permis de rappeler que 600 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité. Mais des solutions existent pour inverser la tendance.

Les échanges tenus au Caire, en Égypte, sur l’énergie en Afrique, en marge de la Foire commerciale intra-africaine, conforte l’idée d’un changement de perspective, et même d’approche, dans la résolution du déficit énergétique qu’on enregistre dans le continent. Si jusqu’à très récemment, certains estimaient qu’il fallait absolument tourner le dos aux sources énergétiques classiques, en optant pour celles qui sont moins polluantes, il est désormais établi que la carence énergétique dont souffre le continent impose d’utiliser tous les atouts dont on dispose pour booster l’industrialisation des pays africains. Les experts venus d’Afrique et d’autres continents ont notamment convoqué le rapport de la Fondation Mo Ibrahim intitulé « Remédier au déficit énergétique de l’Afrique : changement climatique, énergies renouvelables et gaz », en expliquant que la transition énergétique en Afrique doit reposer à la fois sur les énergies renouvelables et le gaz naturel, combustible fossile le moins polluant.

En effet, les chiffres disponibles renseignent que l’Afrique concentre 39 % des grandes ressources du monde. Et que 70 % du produit intérieur brut (PIB) dépendent des ressources africaines. Or, paradoxalement, 600 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité. Ce déficit est si important que, d’après certains analystes, les pénuries d’électricité coûtent à l’Afrique environ 2 à 4 % du PIB par an. Aussi est-il admis que la hausse de la demande énergétique est inévitable sur un continent dont la population devrait presque doubler d’ici à 2050 et tripler d’ici à 2100. Dans le même temps, l’Afrique continue de subir de manière déséquilibrée les effets des changements climatiques alors qu’elle n’émet que 3 à 4 % des émissions des gaz à effet de serre dans le monde. Bien plus, le potentiel du continent demeure largement inexploité. Ce d’autant plus que cinq des dix pays ayant le plus grand potentiel solaire à l’échelle mondiale se trouvent en Afrique. Il s’agit de la Namibie (1er rang mondial), l’Égypte (4e), le Lesotho (8e), la Libye (9e) et le Botswana (10e). Pour le cas de l’Afrique centrale, c’est un truisme que d’affirmer que le taux d’accès à l’énergie reste faible, en dépit du potentiel qu’on y retrouve. En termes d’hydro-électricité, la sous-région affiche 150 000 MW environ, et représente 58 % du potentiel africain. En matière de solaire, le flux varie entre 5 et 7,5 KWh/m²/jour, tandis que sur le domaine de l’éolienne, la vitesse moyenne du vent est de 6 m/s. D’autres ressources telles que le pétrole, le gaz et l’uranium peuvent aussi être utilisées pour produire l’énergie. Cependant, en 2022, le taux d’accès de cette sous-région était seulement de 50 %. La Banque mondiale et d’autres institutions travaillent à la faire passer à 64 % d’ici à 2026. Heureusement, des solutions sont en cours d’élaboration.

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Solutions

C’est le cas par exemple de la Banque africaine de l’énergie qui devrait voir le jour l’année prochaine. Cette solution imaginée par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) et l’Organisation des producteurs de pétrole africains, dont font partie les pays de l’Afrique, va sans doute réduire le gap.  Cette nouvelle institution bancaire aura pour mission d’accélérer le développement économique de l’Afrique, tout en veillant à ce que ces les progrès soient compatibles et complémentaires avec les objectifs de développement durable ainsi qu’avec les objectifs sociaux et environnementaux du continent tel que définis dans l’Agenda 2063. Au-delà de cette piste, l’implication du secteur privé est à encourager, parce qu’il est le véritable moteur de la croissance économique. Il ne fait point de doute qu’une croissance forte passe aussi par une énergie de qualité.

par AssolMar

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