Chronique

Dette publique en Afrique : un continent sous pression budgétaire

Le fardeau de la dette publique en Afrique présente des disparités saisissantes entre les pays, selon les dernières données compilées par les institutions financières internationales (FMI, Banque mondiale). Si le ratio moyen dette/PIB pour l’Afrique subsaharienne s’établit autour de 61% en 2026, cette moyenne masque des situations allant de la modération relative à l’urgence critique.

‎Les pays les plus exposés

‎En tête des nations les plus endettées, le Soudan affiche un ratio alarmant de 272% du PIB, conséquence directe de l’instabilité chronique, suivi de l’Érythrée (164%) et du Cap-Vert (109%), ce dernier peinant à absorber l’héritage de la crise sanitaire. D’autres économies comme la République du Congo (95,4%), le Zimbabwe (87%) ou le Malawi (87,7%) dépassent également largement le seuil critique de 70% fixé par le FMI.

‎Grandes économies : des trajectoires divergentes

‎L’Égypte a vu son ratio redescendre à 82,9% mais reste vulnérable face à ses échéances de remboursement massives, tandis que l’Afrique du Sud (78,9%) et le Maroc (70%) poursuivent une consolidation budgétaire lente. Le Nigeria (52,9%) bénéficie quant à lui d’un ratio plus modeste malgré des recettes publiques limitées. À l’opposé, l’Algérie (46,2%) et le Botswana (24,9%) conservent des marges de sécurité grâce à leurs rentes, alors que la RDC (19,3%) affiche le ratio le plus bas, reflet d’un accès restreint aux financements.

‎Une tendance haussière préoccupante

‎Selon la Commission économique pour l’Afrique, l’encours total de la dette continentale devrait atteindre 2 080 milliards de dollars en 2026, et le service de la dette absorbe désormais près de 15% des recettes publiques en moyenne, un record qui limite les investissements dans les secteurs sociaux. Plusieurs facteurs de risque sont à surveiller, notamment les tensions géopolitiques affectant les matières premières, le coût élevé du dollar et des taux d’intérêt mondiaux, ainsi que la dépréciation des monnaies locales qui aggrave le poids de la dette.



‎Roger BIÈRE 

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