Crise au Moyen-Orient : La raffinerie Dangote redoute la flambée des prix

Alors que les tensions au Moyen-Orient ont propulsé le brut au-delà de 100 dollars le baril, la méga-raffinerie Dangote s’est engagée à privilégier le marché intérieur nigérian pour prévenir les pénuries de carburant. David Bird, son directeur général, a toutefois averti que l’entreprise privée, exposée « totalement au marché international des matières premières », ne peut garantir l’absence de nouvelles hausses.
Cette annonce intervient alors que les prix à la pompe ont déjà augmenté de 20 % en une semaine à Lagos, atteignant 1 050 nairas le litre (0,75 dollar), contre seulement 195 nairas début 2023 avant la suppression des subventions par le président Bola Tinubu. La raffinerie a procédé à trois ajustements de ses prix en quelques jours, l’envolée du brut ayant fait grimper ses coûts d’approvisionnement et d’assurance.
Une dépendance persistante aux marchés
Selon les analystes, la présence d’une raffinerie locale n’isole pas le Nigeria des fluctuations mondiales, le brut étant évalué sur la base des prix internationaux et libellé en dollars. Sans l’usine Dangote, qui produit largement de quoi couvrir la consommation nationale, l’impact aurait toutefois été plus sévère.
Les organisations professionnelles avertissent que si le conflit persiste, le prix de l’essence pourrait approcher les 2 000 nairas, avec des conséquences désastreuses sur l’inflation et les coûts de transport. Dangote appelle donc l’État à garantir l’accès au brut national et à réduire les « impositions réglementaires » pour stabiliser le marché.
Roger BIÈRE



