Côte d’Ivoire : Le tambour sacré Djidji Ayokwé de retour à Abidjan

CentCent dix ans après sa spoliation par les troupes coloniales françaises, le tambour parleur Djidji Ayokwé a été restitué à la Côte d’Ivoire. L’artefact sacré du peuple Atchan est arrivé ce vendredi 13 mars à Abidjan, où une cérémonie officielle a salué ce retour historique.
L’artefact de 4 mètres et 430 kilos, exposé ces dernières années au musée du Quai Branly, a voyagé à bord d’un vol spécial affrété par le gouvernement ivoirien. Arrivé à l’aube à l’aéroport d’Abidjan, il a été accueilli par les communautés Bidjans réunies autour des chefferies traditionnelles, en présence de la ministre de la Culture Françoise Remarck, de l’ambassadeur de France et d’un représentant de l’UNESCO.
« C’est un jour historique, un moment de justice et de mémoire », a déclaré la ministre ivoirien de la Culture. « Ton retour est un message pour nos jeunes qui ont décidé de s’approprier leur Histoire», a-t-il ajouté.
Objet rituel et outil de communication, le tambour permettait de transmettre des messages codés sur de longues distances. Les colons s’en étaient emparés en 1916 pour entraver son utilisation lors des alertes contre le recrutement forcé.
« Je suis soulagé, ce n’est pas qu’un objet, c’est une partie du peuple Atchan », a témoigné Guy George Aboussou Mobio, chef traditionnel d’Adjamé-Bingerville. « C’était la pièce manquante de notre puzzle. »
Le Djidji Ayokwé, premier bien culturel restitué à la Côte d’Ivoire sur une liste de 148 œuvres réclamées à la France, doit désormais observer une période d’acclimatation avant d’être exposé au Musée des Civilisations d’Abidjan, restauré pour l’accueillir.
Roger BIÈRE



