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Concours BEAC 2022 annulé : l’UMAC ordonne une reprise complète suite à des irrégularités

Près de trois ans après sa tenue, le concours de recrutement des agents d’encadrement supérieur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) a été officiellement annulé à l’issue d’une réunion du Comité ministériel de l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC), tenue le 12 juillet 2025 à Malabo. Cette décision inédite fait suite aux conclusions d’un audit accablant mené par le cabinet français RSM, qui met en lumière de graves irrégularités dans le processus.

Selon le rapport d’audit, près de 13 % des candidats admissibles auraient été jugés inéligibles, et les commissions de présélection auraient procédé à des modifications arbitraires des profils sans documentation probante. Ces anomalies remettent en cause la transparence et l’équité du concours, déjà entaché, dès sa tenue, par des critiques et des soupçons d’irrégularités persistants.

Face à la polémique, le Comité ministériel de l’UMAC avait mandaté le cabinet RSM pour conduire un audit indépendant couvrant l’ensemble du processus : de l’élaboration des sujets à la correction des épreuves, en passant par l’organisation logistique et la supervision. Lancé en décembre 2021, le concours visait à recruter 45 cadres supérieurs. Mais dès juillet 2022, la publication d’une première liste de 66 candidats retenus avait déclenché une vague de protestations.

Ces contestations, alimentées par des soupçons de favoritisme impliquant l’ancien gouverneur Abbas Mahamat Tolli, avaient conduit à la suspension immédiate du processus. Une note interne émanant du directeur du personnel, Bienvenu Roosevelt Feimonazoui, avait confirmé plusieurs incidents durant les épreuves écrites. Le ministre des Finances de la République centrafricaine, Hervé Ndoba, alors président du Conseil d’administration de la BEAC, avait ordonné cette suspension dès le 1er août 2022, estimant que la crédibilité du concours était compromise.

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Dans cette affaire, les principaux protagonistes sont la BEAC, organisatrice du concours ; le cabinet RSM, chargé de l’audit ; et le Comité ministériel de l’UMAC, qui a statué sur son sort. Pour la BEAC, institution garante de la stabilité monétaire et financière de la CEMAC, préserver l’intégrité de ses procédures de recrutement est essentiel à la confiance des citoyens et des partenaires internationaux.

Marcelle NTONGONO

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