Environnement

Changement climatique en Afrique : Alerte rouge aux inondations

La succession des inondations au Cameroun, au Tchad et en République centrafricaine commande des actions vigoureuses pour réduire leur impact sur les économies de la sous-région. Le FMI est ferme : des solutions urgentes sont nécessaires face à cette menace climatique.

La succession des inondations au Cameroun, au Tchad, en République centrafricaine, etc. commande des actions vigoureuses pour réduire l’impact de ce phénomène sur les économies de la sous-région.  Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques régionales intitulé « Afrique subsaharienne, entre réformes et grandes espérances », publié récemment, le Fonds monétaire international (FMI) est ferme :  l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale « souffrent aussi de graves inondations, avec plus d’un million de personnes gravement touchées rien qu’au Nigéria». 

Du côté du Tchad, le gouvernement évalue à près de 1,5 million les personnes déjà affectées par les inondations, avec 145 personnes décédées et 70 000 maisons détruites. Toujours dans ce pays, « les inondations ont également détruit des ponts et des routes. Les vallées des rivières Wadi sont pleines et difficiles à traverser, ce qui complique encore l’acheminement de l’aide dans la région soudanaise du Darfour », écrit l’institution de Bretton Woods.

Au Cameroun, notamment dans la région de l’Extrême-Nord, principalement dans le département du Mayo-Danay, les populations des 11 arrondissements de cette unité administrative ont également les pieds dans l’eau. Selon le bilan rendu public par les autorités locales lors d’une réunion du Comité mixte de prévention et de lutte contre les inondations, l’on dénombre près de 180 000 sinistrés, 11 morts et 18 blessés. 

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À ce bilan humain, il faut  ajouter 103 000 hectares de culture et 40 000 cases détruites. Bien sûr, l’analyse des données officielles permet de conclure que beaucoup de personnes ont abandonné maisons, commerces et plantations pour trouver refuge sur des sites improvisés. À Yagoua, par exemple, les pirogues sont devenues l’unique moyen de transport, car le pont sur le Mayo-Danay, situé en plein cœur de Yagoua, s’est affaissé et la ville a été coupée en deux, faisant ainsi tourner la vie des populations au ralenti.

La conjugaison de ces faits laisse les spécialistes dans l’inquiétude. Au regard notamment des conséquences de ces inondations sur la vie des populations et, partant, sur l’économie des pays de la sous-région. Tout ceci pose l’urgence de trouver des solutions urgentes et durables face à la montée des eaux qui, si rien n’est fait, pourra noyer des pans importants de l’économie, sabordant par conséquent les efforts fournis par les pays pour sortir leurs populations de la pauvreté et de la famine. 

En effet, le fait constant, c’est qu’après cette furie des eaux, de nombreuses activités sont dévastées et, pour certaines, disparaissent tout simplement, plongeant les habitants dans une situation d’insécurité alimentaire.

D’après les Nations Unies, plus de 2,5 millions de personnes au Cameroun sont susceptibles d’être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë en 2024. Si cette situation est en grande partie due aux conflits, les aléas climatiques détruisant les plantations risquent de l’aggraver. La situation est si préoccupante dans les différents pays de la sous-région que l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture a récemment déclaré qu’elle cherchait à mobiliser 70 millions $ pour fournir une aide d’urgence aux ménages agricoles touchés par les inondations dans certains pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. 

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Selon l’organisation onusienne, les interventions se concentreront principalement sur la restauration des infrastructures agricoles endommagées, le renforcement des mécanismes de gestion des risques de catastrophes au niveau communautaire et la relance de la production agricole. Parmi les pays qui bénéficieront de cette aide, l’on compte le Tchad, le Cameroun et la République centrafricaine.

La récurrence de ces inondations nécessite que l’on considère cette situation comme une véritable menace à l’essor des économies des pays de l’Afrique centrale. Au même titre que les multiples chocs exogènes qui n’ont de cesse de fragiliser et, surtout, d’hypothéquer les perspectives de croissance en Afrique centrale. À cet effet, des actions vigoureuses méritent d’être prises, à l’instar de celle de la FAO, pour mettre les populations de la sous-région à l’abri d’un éventuel danger qui pourrait plonger les pays dans le chaos.

AssolMAR

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